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J’ai repris les maths.

good-will-hunting-math-problem-solved-03182013-133945Ça pourrait passer pour un hoax aux yeux de mes proches.
Mais c’est comme un défi à tout !

UN DÉFI À L’ORDRE DES CHOSES…

Parce que depuis trente ans, je suis un littéraire. Le gars qui écrit. J’écris depuis petit, des histoires sur des cahiers, dans les marges, sur des enveloppes ouvertes et inutilisées, sur des nappes en papier. Logiquement, je suis devenu concepteur-rédacteur, puis auteur, puis scénariste et dérivés. Tout ce temps-là, pourtant, j’ai gardé au fond de moi une forme d’attirance-répulsion pour les maths. Enfant, je n’étais pas vraiment mauvais, disons que je tournais autour de 10 sauf en géométrie ou là je pouvais vomir rien qu’en voyant une droite en croiser une autre. Je n’ai pas aimé mes profs, ils étaient tous froids et méchants, surtout cette dame un peu vilaine qui criait en appuyant sur la craie.

Et pourtant, je noue toujours une admiration infinie pour les formules et ceux qui jouent avec. J’ai l’impression de magie, de sorcellerie et de pureté. J’ai l’impression que les matheux touchent du doigt l’essentiel, quand je ne fais qu’en parler. Combien de fois me suis-je rêvé Will Hunting ? Il n’y a pas si longtemps j’étais tout seul à la maison, j’aurais pu me faire un bon « Kingsman » ou « Birdman ». Mais j’ai payé pour un documentaire : « Comment j’ai détesté les maths ». C’est un signe, ça, docteur ?

flamand roseAujourd’hui, je sens qu’en ayant exclu de ma vie un pan entier de la logique des choses, il me manque logiquement un pan entier de la compréhension du monde. Comme si jusqu’à maintenant j’avais regardé l’univers sur une patte.
Cette relation passionnelle avec les maths a donc fini par évoluer. Dans cette volonté de REPRENDRE LA MAIN, je me suis demandé quelle aurait été ma vie si j’avais choisi les maths, ingénieur plutôt que scribouilleur… Et j’ai fini cette réflexion en décidant de reprendre le cours du fleuve à sa source. On ne peut pas recommencer, mais on peut enrichir, compléter, déjouer le destin et lui faire une énorme farce !

LA KHAN ACADEMY AURAIT CHANGÉ MON PARCOURS.

J’ai commencé par m’inscrire à la Khan Academy. C’est bien simple, je pense que si la Khan Academy avait existé quand j’étais petit, j’aurais aimé les maths tendrement. Parce que ce site est une tuerie. Je me ballade dans le site comme dans un restaurant, à la carte, virevoltant de l’algèbre à la géométrie en prenant mon temps, c’est divin. Les vidéos sont claires, fraîches, douces. Les exercices sont simples et progressifs. Et si vous ne comprenez pas, il ne se passe rien de destructeur. Personne ne vous regarde de travers, personne ne vous ridiculise. Juste, vous prenez votre temps, un cahier, et vous recommencez.
Et je ne vomis plus en géométrie..

maxwells-equationJe retiens les formules sans effort, les a et les b flirtent avec les x et les y et je ne m’offusque pas que toutes ces lettres ne se regroupent pas pour former des mots et des histoires. Je commence à comprendre doucement qu’elles forment d’autres desseins.
Peut-être faudrait-il d’ailleurs commencer les maths en nous expliquant longuement à quoi ça sert avant de nous lancer dans l’inconnu des équations ?

La Khan Academy a commencé par accident, par Monsieur Khan qui voulait aider sa nièce à l’autre bout du pays. Sa nièce a montré la vidéo à ses copines, et ainsi de suite. Aujourd’hui c’est une industrie largement financée par Bill Gates, avec beaucoup d’intelligence artificielle derrière, pour mieux comprendre le fonctionnement de chacun, son rythme, ses blocages, et adapter les exercices proposés au plus juste. C’est ce que devrait faire l’école, non ?

En attendant je viens de m’acheter le Prépabrevet parce que mon fils rentre en troisième et qu’il est hors de question qu’il me largue en chemin ! Pendant qu’il s’éclate à la plage quelque part en Bretagne, je réapprends en secret comment simplifier une fraction pour la rendre irréductible. Et oui les amis, une fraction peut devenir irréductible, comme un gaulois. La suite ? Quand je serai prêt je m’inscrirai peut-être en fac, formation à distance, pour voir…
Mais ne brûlons pas les étapes, pour le moment je rentre en troisième.

Est-il possible de vivre en accord avec ses idées ?

Agricultural Fields on FarmNous nous posons la question chaque jour.

Si je m’écoutais je supprimerais tout de suite AMAZON de nos vies tant qu’ils ne paieront pas correctement leurs impôts en France. C’est ballot parce que j’aime bien Amazon.

Je supprimerais également toute alimentation ayant affaire de près ou de loin avec MONSANTO, soit parce que je crois que les pesticides sont la nouvelle bombe atomique, soit parce que la politique de copyright de Monsanto est hallucinante-ils-veulent-posséder-la-nourriture-mondiale-de-nous. Au passage, il faudrait également que je m’intéresse à toutes les marques chimiques, le problème c’est que j’ai fait des études de lettres et il va falloir que je m’en remette à des tiers de confiance pour savoir qui est gentil et qui est méchant. Le bémol avec les tiers confiance c’est qu’on ne connait pas bien leurs motivations, même en confiance…

Pour les HABITS, je ferais une enquête détaillée sur toutes les marques et les conditions de travail. J’irais ensuite témoigner à des colloques pour expliquer qu’il n’est pas acceptable que les très pauvres aient des boulots inhumains dans des usines surpeuplées à coudre des tee-shirts en amiante pour vingt centimes par mois. Ça paraît évident mais certains pensent que sans ces jobs ils crèveraient de faim davantage. Un débat houleux aurait lieu.

Il faudrait aussi que jKungFuPandae supprime le LAIT, ou en tout cas que je fasse gaffe, parce qu’on me dit dans l’oreillette que ce n’est pas si bon que ça. Il faudrait donc que je m’y connaisse pour faire la part du vrai et du faux. Alors autant je sais distinguer une vache marron d’une vache noir et blanc, autant quand j’ai du lait dans mon verre je suis comme une poule devant un cure-dent. Et puis qui me dit que cette poule sans cure-dent n’est pas chelou ? J’en sais rien moi ! Un poulet c’est un poulet. T’auras beau me mettre un label rouge sur le paquet, quand c’est plié et sans plumes ni tête ça ressemble à un poulet… Comment savoir s’il a bouffé du Roundup entouré de ses huit mille cousins entassés dans des machines sado-maso, ou s’il s’appelait Coco dans une ferme biologique tenue par un couple de hippies finlandais ayant migré dans le Larzac. Je n’en sais rien, ce n’est pas écrit dessus. Si ?

Côté INTERNET il faudrait rapidement que je me mette au code, au chiffrage, au hacking, à l’autonomie technologique, parce que je suis réellement consterné par la tournure que prennent nos libertés et nos droits. Le problème c’est que j’ai déjà du mal avec la règle de trois, je continue à la poser en me trompant. J’ai l’impression que ce n’est pas tout de suite que je vais protéger mes communications… Pourtant j’aimerais bien, vraiment. Je fais le rigolo mais je vais m’y mettre : j’ai commencé les cours de math de la Khan Academy, je viens de recevoir un mail de félicitations, je suis niveau quatrième aux Etats-Unis !

wauquiez-ciotti_scalewidth_460Si on parle POLITIQUE, normalement je devrais tout arrêter tout de suite pour m’engager parce que j’ai la moutarde qui monte au nez. Je ne peux plus voir un professionnel des plateaux en peinture ça me déclenche des palpitations. Toutes les raclures de fond d’alcôves, les récupérateurs de voix, les obscènes pourfendeurs de la vertu qui se drapent derrière leur corruption, ou l’inverse. Je voudrais que quelqu’un d’honnête et de courageux prenne les choses en main pour qu’on arrête de marcher sur la tête. Et je me dis qu’à part moi je ne vois personne en qui j’ai confiance, et encore. Le problème avec la politique, c’est qu’il faut serrer les mains et j’ai un petit blocage avec ça : j’ouvre les portes des toilettes avec mon pull pour ne pas choper les microbes… Ou alors il faudrait que je porte des gants mais ce n’est pas très convivial. Déjà que j’ai un nom à rallonge, si en plus je porte des gants sur les marchés, on va me traiter de snob, je le vois venir d’un coup !

Ensuite si j’allais vraiment au bout de nos idées, je sortirais mes enfants de l’ÉCOLE traditionnelle pour les élever totalement différemment. On ferait un tour du monde de deux ou trois ans pour comprendre l’Autre, découvrir des cultures, des modes de vie. On vivrait des moments uniques tout en conservant un lien avec l’apprentissage, via les MOOCS, les cours en ligne, les formules à distance… On devrait sacrifier un paquet de trucs mais j’imagine la richesse d’une telle expérience pour eux, et pour nous… Le problème c’est l’appart, le job, les sous, les potes, le confort, la Champion’s League et la soirée chez Lucas samedi soir… « Y’aura tout le monde ! »…
Alors le voyage chez les papous va attendre, je le sens bien…

Bref. Comment fait-on pour vivre en accord avec ses idées ?

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