Archives du mot-clé alimentation

Je me transforme en légume…

REPRENDRE LA MAIN sur ce qu’on mange.

croissantsJe dois vous avouer qu’à la base, l’alimentation n’est pas mon sujet de coeur.
Plus jeune et célibataire j’étais le roi du « grillado » surgelé, une sorte de steack haché avec des petits oignons incorporés, mélangés avec des coquillettes agrémentées de béarnaise : une tuerie. Il n’était pas rare que j’accompagne ce plat d’excellence d’un petit verre de rouquin. Pour le dessert, j’aimais particulièrement tremper une barre de Crunch dans un café Liégois, un vrai délice. Aujourd’hui encore, quand personne ne m’observe, mon petit déjeuner idéal c’est un croissant au beurre bien gras un peu tiède avec plusieurs morceaux de beurre en plus, et une grosse dose de lait concentré sucré qui déborde et coule sur les doigts, le tout trempé dans un bol de cacao pas bio du tout.
Mais ça, c’était avant.

Parce que la dame avec qui je vis a patiemment repris tout cela en main, année après année, par petites touches d’abord discrètes puis franchement grossières, et aujourd’hui ça ne déconne plus en terme de santé-bien-être-bio-pas-saucer-le-pain. À force de glisser des légumes un peu partout dans les repas, ils ont même fini par pousser dans le jardin. Nous avons désormais ce qu’on appelle communément un potager. Un potager, quoi ! Le machin aves des légumes qui poussent, ou pas. Rien que de l’écrire j’ai l’impression de prendre une verveine en compagnie d’un trio de joueurs de bridge octogénaires, des potes âgés en quelque sorte.

Charles-2Le jardin potager, c’est pour elle un combat philosophique, alors j’ai l’air de me moquer mais je la suis, et de plus en plus. Depuis quelques mois elle me fait lire des livres qui parlent d’agriculture, de graines, de boutures, de buttées, de pluie et de traction animale. Je me suis même surpris à kiffer la lecture de « La permaculture* » (définition en bas de ce post), écrit par Perrine et Charles Hervé-Gruyer (photo), les spécialistes français du machin. Poussant la curiosité à son comble, nous sommes allés il y a quelques semaines, en famille, visiter leur ferme du Bec Hellouin : un miracle de culture et de rendement à taille humaine, sans pesticide, sans machine à moteur ou presque. Leur journée porte ouverte a explosé les compteurs, preuve que tout le monde commence à réfléchir dans son coin à des solutions propres et « dont on sait d’où ça vient ».

Alors pourquoi la ferme du Bec Hellouin est-elle une expérience de ouf ? Je laisse ma dame vous expliquer parce que je ne suis pas encore ce qu’on appelle un Jedi dans le domaine…

permaculture1« La ferme biologique du Bec Hellouin, c’est TRÈS beau et c’est TRÈS bon ! Perrine et Charles Hervé-Gruyer étaient tout sauf des paysans quand ils ont démarré cette aventure il y a 6 ans. Ils ont mis beaucoup de cœur et de beauté dans ce projet. Aujourd’hui, la ferme produit des légumes et des fruits délicieux qui poussent ensemble et mélangés sur une même ligne, permettant à chacun de profiter des richesses des autres. Résultat : les récoltes sont super gouteuses et riches en nutriments. L’INRA a validé la très grande productivité de ce mode de culture au Bec Hellouin et grâce notamment à l’enseignement qui y est dispensé, la permaculture se répand – doucement – en France ».

Vinvin-concombre-2Ok, merci madame. Du coup on a commencé à faire notre petit Bec Hellouin à nous. Tomates, courges, concombres, haricots et patates. J’avoue, c’est super marrant. Pour le gros urbain que je suis, REPRENDRE LA MAIN sur ses légumes, c’est un peu magique. Et il y a peu nous avons mangé notre premier concombre ! Tremble Leclerc, pleure donc Auchan, l’alternative est là ! Trois courges et deux patates, c’est un début mon pote ! (Bon, sur cette photo le concombre a pris des libertés que nous ne nous expliquons pas…).

Bon allez, on rigole, on rigole, mais quelque chose me dit qu’on n’en pas fini avec ce potager ; je viens de ramener une douzaine de planches de chez Brico, j’y vois comme un signe…

*Permaculture (Wikipédia) : La permaculture est une méthode de conception d’habitats humains et de systèmes agricoles inspirée de l’écologie naturelle (biomimétisme) et de la tradition. Elle n’est pas un mode de pensée mais un mode d’agir qui prend en considération la bio-diversité des écosystèmes. En outre, elle vise à créer une production agricole durable, très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant…) et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques, tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible.

Soleil-Potager-Cahier