Avons-nous besoin d’un chef ? La candidature de Lessig me laisse perplexe…

Par @Vinvin

La candidature de Lawrence Lessig à la présidence américaine apporte une bouffée d’oxygène dans le système vérolé du pouvoir américain, et le nôtre par ricochet. J’aurais voulu filer 20 balles pour l’encourager, mais sa course est réservée aux US citizens, ce qu’on peut comprendre, à regret. Cette candidature brillante sur le papier ne cesse cependant de me faire réfléchir et j’avoue que les doutes m’habitent.

LessigMon plus gros doute tient à son renoncement annoncé.
Lessig prévient qu’il restera le temps nécessaire pour mener à bien sa réforme du système électoral, et ça c’est cool ; ensuite il partira pour laisser le mandat à son vice-président. Et ça c’est moins cool. J’ai bien compris la puissance symbolique d’un tel geste, qu’il explique lui-même d’ailleurs : « Cette campagne ne porte pas sur un individu, mais sur un principe. Un principe américain que nous devons retrouver, selon lequel nous sommes tous égaux, et que notre démocratie doit tous nous respecter en tant qu’égaux ». Ok. Pigé. Mais quand même.

Il y a au fond de nous, me semble-t-il, le besoin profond et presque animal de suivre quelqu’un. Quelqu’un de bien, quelqu’un en qui on a confiance. Voter pour un principe, c’est beau, c’est intelligent mais c’est conceptuel. Et j’ai bien peur que le conceptuel ne satisfasse pas le besoin de délégation. Je me trompe peut-être, mais j’ai rencontré tellement de gens qui ne souhaitaient pas s’impliquer, ni prendre de risques, ni manager, mais simplement vivre correctement -et c’est déjà pas mal- en faisant leur travail s’ils en ont, s’occuper de leurs proches et laisser les grandes manoeuvres à ceux qui veulent, savent et le disent. Et même si le système des républiques monarchiques a atteint ses limites, je crois que #LesGens attendent toujours et inlassablement un chef. Une personne humaine, pas un concept. Un candidat avec un visage, de la chair, un passé et des visions ; quelqu’un avec des principes, certes, mais surtout une volonté, une envie, une énergie et une expérience qui les RASSURENT. #LesGens auront-ils envie de donner leur pouvoir à quelqu’un qui ne le souhaite pas vraiment ? Feront-ils l’effort de comprendre la portée de son Idée brillante et généreuse ? Je ne sais pas…

D’autant que, dans son projet, Lessig laisse sa place à son vice-président. Ce qui ne fait que décaler le problème : au bout du compte il va falloir se projeter de manière schizophrène : voter pour l’Un en pensant à ce que sera l’Autre, plus tard (et l’on ne sait même pas quand). Délicat.

desertVoteras-tu pour Ibrahimovic si tu sais qu’après les qualifications c’est Gourcuff qui reprendra le poste ?

Alors on aurait envie de lui dire : « Mec, si tu es quelqu’un de bien, et visiblement tu es quelqu’un de bien, sois sympa, va au bout, affronte ton destin, n’aie pas peur, on a bien compris que tu ne voulais pas donner l’impression de vouloir être Président mais merde, si tu fais un super boulot pour la réforme électorale, pourquoi tu ne resterais pas un peu plus pour influencer les autres grands sujets ? C’est possible mec ! On bossera sur une nouvelle démocratie plus directe, tu n’auras pas à te corrompre et nous serons actifs, on sera là l’ami !… ».

Mais ce n’est pas l’histoire qu’il a choisie. J’ai donc peur que le projet de Lessig se heurte à sa beauté conceptuelle ; que le « professeur de Harvard » paie le prix d’un projet intellectuel merveilleux mais déconnecté des attentes naturelles du peuple, au sens noble. Sans doute souhaite-t-il faire progresser son sujet en ayant au moins réussi à faire bouger les lignes, espérant j’imagine, fort de son million de dollars obtenu et de son écho médiatique, imposer au candidat élu de s’engager sur quelques points. C’est sans doute cela son plan et ce n’est pas si mal ; mais ça laisse un goût de trop peu. Je rêve qu’un Lessig puissance 10 vienne bousculer davantage le système.

Le changer plutôt que le réparer. Pour cela il faut un Humain sur-motivé, pas juste un Principe.

Me goure-je ?

Je suis de gauche ou de droite ?

Je vais devenir cinglé avec cette question sans queue ni tête.
Je suis né dans un cocon de droite. Banlieue ouest. Catholique. Baptisé et dérivés.
Pas d’excès mais de quoi vivre comme il faut, étudier dans de bonnes écoles, jouer au tennis et partir en voyage linguistique à Folkstone.
BarreJ’ai baigné dans un jus de droite, RPR classique, libéral sympa.
En 81, j’avais onze ans, j’ai vu mes proches et leurs amis s’effondrer en voyant apparaître le visage pixelisé de Mitterrand. Les chars soviétiques n’étaient pas loin.
En 88 c’est la première fois que je votais, je me suis révolté, j’ai opté pour Raymond Barre. Oui je sais, je suis un vrai punk ! Je tractais sur la place du marché à Garches, c’était intense comme une partie de bridge un week-end de Toussaint.

Mais j’aimais bien le bonhomme…
Et puis je me suis mis à réfléchir tout seul ; hors des sentiers religieux tout d’abord, et hors des évidences libérales ensuite. Comme quoi il est plus simple de se libérer d’un dieu que d’un courant de pensée politique.

isoloirEn grandissant je me suis mis à penser à des trucs révolutionnaires comme la fraternité, la justice, l’inégalité des chances, le pas de bol de certains, les magouilles des autres, l’éternel pouvoir de l’argent méchant contre l’éternelle misère des plus faibles. Mais toujours en vivant à l’ouest, avec mes familles libérales et mes amis dans la finance. Discrètement, je me suis mis à voter des trucs chelous, des machins verts, des machins roses, des listes dissidentes ; je profitais des premiers tours des élections locales ou moins locales pour m’encanailler sur des listes interdites, un peu comme si j’allais aux putes en cachette. Au deuxième tour je revenais dans le rang, parce que je n’avais pas le choix. Parce qu’à la fin de toutes les élections, toujours (ou presque) depuis Néandertal, il a fallu choisir entre gauche et droite. Et depuis la défaite de Raymond Barre, je refuse d’être centriste, j’ai besoin de radicalité. On ne peut pas être radical du centre, c’est quantique.

Alors ? De gauche ou de droite ?

Je vois chez mes amis, à droite comme à gauche, des gens qui se ressemblent. Radicaux. Excessifs parfois, ils sont pourtant sincères dans leurs idées, capables d’argumenter et d’écouter. Ils ont comme désir commun la justice et le bonheur pour tous. Personne de mes amis de droite ne se réjouit du chômage, de la misère et des inégalités.
fraterniteTous aimeraient pouvoir changer le cours des choses. Personne de mes amis de gauche ne voudrait buter mes amis de droite, bien que ça les démange philosophiquement. Tous sont effondrés par cette gauche molle de centre droit, par cette droite dure qui pointe, par cette gauche radicale qui s’enlise. Je vois chez mes amis de tous bords une sorte de tronc commun impalpable mais réel, proche du ras-le-bol, de l’envie de révolte, pour ne pas dire plus. Je sens un besoin de respect, d’intelligence, de bon sens. Le tout teinté de préoccupations écologistes raisonnables, de plus en plus. Il existe, j’en suis sûr, un tronc commun qui n’est pas un centre mou et consensuel.

Ce tronc commun n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre : il existe « virtuellement » mais n’a pas de forme humaine. C’est un courant qui flotte dans l’atmosphère, une troisième dimension, une ligne multiple qui part de l’ancien et se projette dans l’avenir, le numérique, le partage, le réseau, le savoir, la simplicité, l’intelligence, au service de l’Humain, et pas seulement de quelques humains. Je crois que je ne rêve pas. Il me semble que c’est en train d’arriver.

Vous voyez ce que je veux dire ou pas ?

Mon plan pour la Révolution.

Par Vinvin

BarragesVoilà le plan : on parvient à réunir dans une même colère, et ça ne devrait pas être trop difficile, les routiers, les taxis, les pilotes de ligne et les agriculteurs. Avec ça déjà on est bien. On lance le blocus général le vendredi 11 décembre, un peu avant les courses de Noël, les départs en vacances, les touristes en masse et la joie du business. Pays bloqué. L’enfer ! Pour donner un peu de sexytude à l’ensemble, on réveille les étudiants ; ils sont jeunes et nerveux, ils crient dans tous les sens et ça leur fait sauter les partiels de fin de trimestre.

kendji-girac-19227La manif dure un jour, trois jours, huit jours… Le gouvernement est flippé, ça pue du cul. Avec leurs 8% de satisfaits dans les sondages, ils savent que s’ils bougent un oeil trop agressif, c’est la guerre. Nous, les gens sans tracteur ni avion, on commence à descendre dans la rue vers le 5ème jour, dans 10 plus grosses villes de France, en soutenant le mouvement parce que « ça suffit, c’est plus possible tout ça, y’en a marre » (ou tout autre slogan de votre initiative du moment que ça tient dans un Tweet. N’oubliez pas les mégaphones). Si des politiques essaient de se placer en tête de cortège avec des banderoles, on les ficèle et on les pose sur un char de la gay pride en queue de cortège avec du Kendji Girac dans les oreilles.

On ne tue personne ! C’est bien compris ? Bon. Je continue.

À Paris on gueule très fort et on squatte les rues stratégiques : Champs-Elysées, Saint-Germain, La Tour Maubeuge, Hoche, Foch, Mozart, Kléber, Opéra, Batignolles. Laissez tomber Nation, Bastille et République, ils s’en foutent, ce n’est pas là qu’ils habitent ! On bloque, on squatte, on fait des méchouis géants et on s’installe dans un énorme mouvement de contestation sans précédent. Le gouvernement est pris de toutes parts, PERSONNE ne lâchera ! On se relaie, on tourne, on se soutient les uns les autres. Et on ne bougera pas tant que…

BREAKING NEWS. ALERTE RÉVOLUTION.

larcher_gerard86034e« Il est 18h20 vous êtes en direct de BFMtv, nous suivons bien sûr toute la journée les événements du BG, le Blocus Général, avec nos envoyés spéciaux qui sont mobilisés dans les 10 villes paralysées depuis maintenant 13 jours. Je vous rappelle que cet après-midi François Hollande et le Gouvernement dans son ensemble ont démissionné. Et nous vous l’annonçons ce soir en exclusivité sur BFMtv, à 18h21, c’est donc Gérard Larcher, le Président du Sénat, qui assure l’Intérim en attendant que les différentes organisations du B.G. s’organisent. Parmi les revendications entendues lors du dernier grand méchoui républicain, les principales sont de dissoudre l’Assemblée et de modifier la Constitution. La difficulté de telles revendications est que, selon cette constitution elle-même, le Président du Sénat n’a pas le pouvoir, ni de dissoudre l’Assemblée, ni de modifier la Constitution. Il faudrait donc que le Président du Sénat décide de… Attendez je regarde mes fiches car, nous sommes en direct sur BFMtv je vous le rappelle, jamais on a vécu une situation pareille, n’est-ce pas Christophe Barbier ? »

barbier« En effet Michel, jamais, jamais depuis que la 5ème République a été mise en place nous n’avions rencontré une telle situation. Un Président démissionnaire, un gouvernement démissionnaire, un Président du Sénat dont les pouvoirs sont inadaptés à une réforme de fond. La seule solution pour sortir la France de ce dramatique blocus, serait la tenue de nouvelles élections. Élections qui permettraient alors un changement profond de la constitution, sans doute l’instauration d’une VIème République, et un retour au calme. Le problème Michel, et c’est là tout l’enjeu, c’est que le Blocus Général qui est né dans la protestation n’a pas encore accouché d’un leader naturel évident. On le voit bien, les organisations en place commencent déjà à montrer des désaccords profonds quant à la suite à donner au mouvement. Je prends l’exemple du Blocus de Nantes où des agriculteurs et des routiers se sont affrontés violemment ce matin, on nous parle même de blessés graves… La question que l’on doit se poser maintenant est la suivante : une révolution, d’accord, mais pour quoi faire ? Sans doute aurait-il fallu y penser avant…. »

Merci Christophe Barbier. Je vous le rappelle si vous venez de prendre l’antenne, le Blocus Général s’intensifie tandis que tout le gouvernement a démissionné et c’est Gérard Larcher qui est désormais à la tête du pays. Restez avec nous, on se retrouve après quelques messages publicitaires, la météo et le journal des sports.

Arnaque, vrais amis, faux amis, police et démerdenzizich !

Par Vinvin

Hier en plein milieu de l’après midi je reçois un message privé Facebook d’un contact que je ne connais pas directement, une jeune femme à l’allure charmante avec qui j’ai 5 amis en commun. Ça commence par un « coucou bonjour ». En vieux routier, je me doute bien que c’est de l’arnaque… Personne de mes amis ne commence une conversation en t’chat par « coucou bonjour ». En général je ne réponds pas et je pulvérise le contact, mais là je suis d’humeur badine…

ELLE : Coucou Bonjour

MOI : Bonjour

ELLE : tu peux te rendre chez un buraliste ou dans un kiosque à journaux et prendre aux minimums 3 coupons de rechargement PCS MASTERCARD de 250 euros chacun

MOI : Bien sûr. Et après je fais quoi ?

ELLE : Tu m’envoies les codes des coupons et si possible un scan par mail. J’attends de tes nouvelles.

MOI : OK ça roule.

ELLE : Ok je peut compter sur toi Cyrille?

MOI : Bien sûr !

ELLE : Ok a quel heure le féras tu les 3 coupons de rechargement PCS MASTERCARD de 250 euros chacun

MOI : Donne moi une heure !

ELLE : Ok pas de souci donc je compte sur toi.

MOI : Tu me connais, est-ce que je t’ai déjà laissée tomber ?

ELLE : Ok donc une fois tu as achétés les code coupons Tu m’envoies les codes des coupons et si possible.

(PAUSE) À ce stade de l’histoire, qui m’amuse, j’essaie de voir comment contacter cette jeune femme de mes amis d’amis qui s’est fait pirater son compte. J’envoie à mon ami Jean-Marc Manach (mon camarade de jeu du Vinvinteur, spécialiste du hacking, qui se trouve être dans les 5 amis communs) un SMS mais il ne me répond pas, sans doute en vacances. Les 4 autres m’ont l’air loin et déconnectés. Pris dans l’histoire, je demande de l’aide sur Twitter…

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Je me dis que ce serait assez simple. Je donne au truand des codes « marqués », comme quand les billets sont marqués dans les films ! Et hop ils le chopent quand il s’en sert, admettez que c’est malin. Mais oui c’est malin ! J’hésite cependant sur la marche à suivre, et je le dis.

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Je décide d’appeler Mastercard. Alors là le type n’en a rien, mais vraiment rien à faire, c’est impressionnant. Il me dit de porter plainte. Je lui dis que je n’ai pas que ça à faire, je suis déjà sur le dossier Morano ! Haha, non, je ne lui dis pas cela, je raccroche un peu déconfit… Et je le dis publiquement.

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OK, donc, n’ayant pas de nouvelle de @Manach, et Mastercard étant détaché du problème, je contacte la BEFTI (Brigade d’Enquête sur les Fraudes aux Technologies de l’Information) sur le conseil du Twittos @BertrandVillien. Le gars de la BEFTI est très sympa mais me dit qu’il n’y a rien à faire. Que c’est sûrement hors de notre juridiction, sous-entendu plus au sud, et qu’il n’est pas simple d’agir et qu’il en est désolé. Je lui parle de mon plan génial des codes trafiqués, il me répond « on n’est pas dans un film… ». Je lui réponds que si j’avais suggéré d’envoyer le GIGN ou des drones nucléaires, effectivement ce serait too much, mais mon idée de code ne devrait pas être si compliquée… Il l’a admis gentiment mais m’a répondu qu’ils n’étaient pas équipés pour ce genre de piège… Au revoir monsieur. Notons au passage à quel point la lutte contre la fraude sur le net est une priorité…

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À ce stade de l’enquête, je contacte Facebook. Ils sont prêts à intervenir si je leur donne l’URL de mon amie d’ami… Je leur demande 3 minutes au cas où, pour clôturer l’affaire avec mon escroc. Je recontacte donc le gars qui, je le rappelle, s’appelle ELLE dans le dialogue. Pour paraître plus naturel, je lui fais croire que j’ai eu un souci. Pas un souci grave…

MOI : Je suis embêté y’a que des codes 150€ !!!

(Long moment sans me répondre. J’insiste)

MOI : Tu es partie ? Tu n’as plus besoin de sous ?

ELLE : j’ai ete piratée évidemment.. desolée

(PAUSE) Là, je me dis : oulalala le mec est plus fort que je pensais. Il me teste. Cela doit être dans la procédure d’arnaque : ils doivent toujours vérifier si le pigeon n’a pas pris le temps de se méfier… Donc je ne me démonte pas…

MOI : Ah mais non, moi j’ai les sous !

ELLE : on peut créer un lien leetchee si tu y tiens!

(Pause) Je vous avoue qu’à ce moment-là je commence à douter. La personne connaît le site Leetchi, mais l’orthographie comme un escroc. Et en plus, je me dis que c’est peut-être un moyen de récupérer les sous autrement, en créant une cagnotte. Je fais le candide…

MOI : c’est quoi ?

(Long silence : pas de réponse)

J’ai l’impression que je suis en train de perdre mon arnaqueur… Ou alors c’est vraiment elle qui est revenue mais qui me prend pour un arnaqueur ! Je le dis sur Twitter.

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Situation ubuesque ! D’un côté moi qui ne peut pas tomber le masque au cas où mon adversaire serait vraiment très très fort et est en train de me piéger ; de l’autre côté ELLE (ou LUI) est en train d’attendre ou de me prendre pour un fou/escroc/malade/pigeon de compétition. Si c’est elle qui a repris son compte en main, elle doit vraiment me prendre pour un débile profond prêt à donner ses sous à la première personne qui lui dit « coucou bonjour ». Si c’est lui, il doit commencer à sentir le coup fourré. Dans les deux cas je suis farci… Pendant ce temps-là sur Twitter, un contact m’envoie en message privé l’adresse d’un site qui permet de récupérer l’adresse IP d’une personne si elle clique sur un lien. Je vais essayer dès que je peux, je saurai au moins où est localisé l’arnaqueur et si les flics de la BEFTI avaient raison… Je relance.

MOI : Bon alors j’en fais quoi de ces codes ?

ELLE : ne fais rien surtout

Je commence à penser que c’est vraiment elle qui a récupéré la main sur son compte. Un débile d’escroc ne peut pas bluffer au point de me demander de ne surtout rien faire… Ou alors c’est du dixième degré à la George Clooney et il veut me soutirer des millions plus tard… Je tente autre chose.

MOI : Tu es sur twitter ?

ELLE : non pas sur twitter.. enfin j’y vas jamais

MOI : Qui est notre ami commun qui est spécialisé en hacking ?

Silence. Pas de réponse. En même temps je réalise que ma question est bidon car si nous allons sur la page de nos « amis communs », la seule « profil picture » un peu louche est celle de Manach, elle représente une caméra de surveillance… J’ai l’air malin avec ma question sur le hacking… Bon, je ne comprends plus rien et j’avoue que j’irais bien me prendre une bière, je n’ai pas que ça à faire non plus… Je tente quand même le coup du lien sur le site pour récupérer l’IP (je ne vous mets pas le lien car si vous cliquez je localise vos IP, ça ne se fait pas…).

MOI : Bon je vais devoir partir… Pour récupérer tes sous c’est là : Lien.

ELLE : mais j’ai ete piratée… ne fais rien

OK. La dame insiste. Je crois que c’est vraiment elle. Tout est rentré dans l’ordre. Je dis à mes contacts Facebook que c’est réglé, et j’annonce sur Twitter que c’est la fin. 

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Je trouve dommage à ce stade de se quitter sur une patte après tous les efforts entrepris pour faire tomber l’axe du mal, j’invite donc la dame à aller lire l’ensemble de l’aventure, pour la gloire…

MOI : va lire mon fil Twitter et tu vas rire. @Vinvin

ELLE : d’accord je vais lire..! mercii

Et puis, pour voir si le détecteur d’IP fonctionne, je clique dessus moi-même ; je sais, c’est un peu triste.
Effectivement je reçois un email avec mon adresse IP.

Je suis bien avancé. 

UPDATE (1) : Elle a cliqué sur le lien « piège » quand même, sans doute par curiosité.
UPDATE (2) : Nous avons correspondu par email par la suite et je lui ai demandé si elle était bien en Guadeloupe comme le lien piège m’en informait. Elle m’a dit que non, pas du tout.
UPDATE (3) : Quant à mon adresse IP elle m’indique que je suis à Annecy. Ce qui n’est pas le cas du tout.
UPDATE (4) : Elle ne connait pas Jean-Marc Manach qui est notre ami commun. Lui non plus.
UPDATE (5) : Mais elle connaît bien un autre de nos amis qui est, paraît-il, en vacances en Corse, ce qui n’a rien à voir.

Je ne suis pas une baba cool

Par Marion

DCF 1.0

On pourrait le penser en y regardant rapidement : je mange bio, je m’intéresse à l’environnement, à la permaculture et à la méditation… Mais il y a des raisons pour cela et elles me classent davantage dans la catégorie « geek concernée » que dans la famille new age ou dans le cercle des hippies en folie :

– J’ai UN corps, et bien que je suive attentivement les fulgurants progrès des nanotechnologies et de la robotique appliquées à la médecine, je ne visualise pas encore très bien comment, et à quel prix, tout cela va s’incorporer à mon existant. Donc en attendant, je fais attention.

– J’ai UN cerveau et pour autant que l’intelligence artificielle me permette prochainement d’en augmenter considérablement les capacités, je suis assez attachée à l’idée de ma liberté et de mon propre pouvoir sur mon système d’exploitation personnel.

WALL-E_plant1– J’ai UNE planète et même si nos programmes d’exploration spatiale laissent imaginer d’atteindre des exoplanètes habitables en à peine 5 millions d’années, pour le moment je dois faire avec celle-ci ; et donc, arrêter de tout saccager m’offrirait un cadre plus simple pour continuer à fabriquer le futur.

Ces considérations égoïstes sont renforcées par les obligations que j’ai envers mes enfants.

Je ne suis donc pas baba et je suis de moins en moins cool 🙂

Marion

Je porte plainte contre Nadine Morano.

MoranoExtraitBordeauxPar Vinvin

Pour quel délit je porte plainte ? J’ai trouvé plusieurs motifs et je travaille sérieusement avec un avocat actuellement pour définir le meilleur angle. Je vous donne l’état de nos recherches sur les motifs de plainte envisagés :

balibaris-mariniere-bleue-et-blanche-11– Atteinte à l’image de la marque France, par Nadine Morano.
Nadine Morano est députée Européenne, elle s’exprime donc régulièrement devant des députés étrangers qui assimilent logiquement sa parole à une parole Française. Il n’est pas pensable de laisser cette idée se répandre. Je refuse que des Suédois ou des Polonais imaginent un seul instant qu’en France on soit plus d’une personne à penser que les migrants feraient mieux de se battre plutôt que de fuir. Il n’est pas humainement raisonnable de laisser l’une de nos concitoyennes ridiculiser la marque France sous prétexte qu’elle peut le faire. Nous travaillons sérieusement à cette option.

– Exploitation frauduleuse du néant médiatique, par Nadine Morano.
Les médias zigzaguant sans conviction l’été entre les amours contrariés des stars et les nouvelles tendances de l’épilation du maillot, ils s’empressent de tendre des micros dès qu’un remplaçant de la politique souhaite faire croire qu’il travaille plutôt que de se dorer la rondelle à Ramatuelle. Ce piège grossier devrait être puni par la loi. Nous espérons créer la jurisprudence Morano qui interdirait à tous les douzièmes couteaux de parler dans un micro entre le 1er juillet et le 31 août.

Dumber Morano– Bêtise crasse et récidive de bêtise crasse, par Nadine Morano.
Au-delà de 3 preuves patentes d’absence d’intelligence dans une même phrase il est communément admis que l’on est en présence d’un manque cruel de capacités cérébrales. La personne ne le fait pas forcément exprès, elle est simplement limitée. Mais comme elle danse beaucoup dans les 3èmes mi-temps de meetings et les lip-dubs, il s’installe un consensus mou de pardon. Il n’est pas rare d’entendre alors des commentaires tels que « Elle est comme ça la Morano… » ou « Les mecs l’envoient dire des conneries pour occuper le terrain, elle n’y voit que du feu ». À la bêtise avérée s’ajoute le sentiment de malaise et de manipulation : ce n’est bon pour personne.

– Exploitation frauduleuse d’éléments historiques mal compris, par Nadine Morano.
Le problème quand on navigue dans un bain de connaissances de niveau 5ème, c’est qu’on voit le monde en coloriages, avec du noir pour les vilains-méchants et du rose pour les gentils-c’est-nous. On réagit à l’actualité comme un chimpanzé de laboratoire : les événements agissent comme des stimuli, « bon » ou « pas bon ». Du coup les tirades à références historiques apparaissent totalement inappropriées, comme sorties de nulle part, et deviennent désagréables pour tout le monde ; on a envie de lui dire « Arrête Nadine, tu ne connais pas, tu ne comprends pas, il y a trop de mots dont le sens t’échappe, oublie, c’est gênant je t’assure ! ». Nous espérons par ailleurs créer un précédent, interdisant aux personnalités politiques de se référer à un quelconque fait historique datant de plus de 6 mois.

gorce– Déficit chronique d’humanisme, par Nadine Morano.
On pourrait espérer d’une personnalité politique que son coeur batte à la vue de ces milliers de femmes et d’enfants qui crèvent comme des chiens jetés à la mer pour éviter de se faire violer, brûler ou décapiter. Mais non, dans le cas présent, nous assistons à l’expression d’une pensée de comptoir à la fois limitée dans ses arguments, fausse dans ses références, froide et vicieuse dans ses motivations. Nous n’osons pas, de surcroit, imaginer que Nadine Morano puisse simplement servir la soupe à une stratégie extrémiste qui lui accorderait quelques faveurs à l’avenir, à elle qui s’est fait publiquement pulvériser par ses amis décérébrés de l’UMP.

Donc, quand je dis que je porte plainte, pour le moment c’est une image christique. Je porte sur moi la plainte faite à l’intelligence et à la morale, j’endosse pour vous mes frères le poids d’un symbole, celui d’une démocratie malade qui laisse des benêts promouvoir à tous les coins de plateaux des pensées grasses et mal ficelées, mal documentées, mal motivées et pour finir d’une infinie tristesse humaine. Je porte le poids de ses péchés et je vous invite, à l’avenir, à revenir témoigner sur ce post à chaque fois que vous assisterez aux époustouflantes idioties de cette représentante du peuple.

Pour supporter ses fautes, je vous invite à réciter cette prière :

Je vous salue Nadine,
Pleine de crasse,
L’impudeur est avec vous.
Vous êtes baignée de propos infâmes et j’ai vu, le bruit de vos mitrailles est maudit.
Feinte Nadine, mots odieux, grillée pour nous vos électeurs,
Maintenant et jusqu’à l’heure de vos remords,
Amen.

Écrans contre Knacki Herta : la mort du temps long.

Par Vinvin.

Hier, mon fils (14 ans) a regardé « La liste de Shindler« . Il a dit que c’était pas mal mais que ça manquait d’action… Ma fille (12 ans) lit en ce moment « La gloire de mon père » ; j’ai constaté que le livre n’avait pas bougé depuis plus de trois jours. Etonnant pour elle qui dévore deux à trois livres par semaine depuis des années… Je lui ai donc demandé s’il y avait un souci avec ce livre. Elle m’a dit que « c’était mou, et même pas écrit si bien que ça… »

pecheurislandeIls sont nourris à un autre temps que le nôtre. Je le vois, je le sens. Et je ne sais pas si c’est grave. Moi qui suis de la génération Knacki Herta et des saucisses dans la rivière, j’ai l’impression d’avoir vécu la littérature du temps long. Le Grand Meaulnes, le Bal du Comte d’Orgel,  Premier de cordée, Vol de nuit, Pêcheurs d’Islande, puis Pagnol, Hugo, Chateaubriand, Baudelaire. Je ne dis pas que c’était mieux avant, mais j’ai l’impression d’avoir eu la possibilité d’accéder à des narrations lentes et poétiques. Le seul obstacle fut peut-être la télévision, mais il était assez simple de la rationner. J’ai l’impression qu’avec Internet et tous les écrans, l’influence de la génération jump-cut (montage saccadé), des clips, films et série américains sur-découpés, des musiques hyper rythmées (notons la renaissance du dubstep), les ados ne sont plus aptes, physiquement, à supporter le temps lent. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas, c’est qu’ils ne peuvent plus. Ce n’est pas un rejet, c’est une inadéquation avec le tempo. Elevés aux trois mille images secondes, leurs esprits sont calibrés différemment. Et encore une fois, je ne dis pas que c’était mieux avant, je n’en sais rien au fond, je m’interroge.

PONTIZERTESNous avons pourtant lu à nos enfants des histoires depuis qu’ils ont deux semaines ; notamment du Claude Ponti, génie méconnu, et qu’ils adorent encore (je vous les conseille TOUS si vous avez des enfants et cherchez des trucs à leur lire). On les a vraiment éduqués dans les récits. Mais aujourd’hui le Garçon aime surtout les films, les vidéos, la musique, et son truc c’est/ce sont les maths, la physique, les étoiles… La Fille, entre dix vidéos, quelques applis de jeux et des t’chats avec ses copines, lit de la SF et de la Fantasy en masse, imbattable en Divergente, Mortal Instruments et autres machins avec des elfes, des vampires, des mondes parallèles et de l’action. Avec elle, nous avons tenté d’incruster du Classique à intervalles réguliers, des Comtesse de Ségur, des Daudet, des Jules Verne… On a même fait un deal : lire un Classique tous les trois SF. Mais les Classiques rament comme des boeufs. Et nous aussi. J’ai beau penser et leur répéter qu’il y a dans les Classiques des trésors qu’ils ne soupçonnent pas, j’ai l’impression d’être mon grand-père me racontant la mobilisation de 39. Ils sont polis, ils me croient sur parole, mais ils retournent délicatement sur Instagram ou sur Youtube dans la minute qui suit et je reste comme un couillon avec mes Classiques et un sentiment de « compliqué »…

Je sais que j’ai sans doute provoqué les mêmes impressions à mes parents.
Et donc c’est à leur tour… Une génération chasse l’autre et s’en sort très bien.
Ou pas.
J’ai vu l’autre jour un film OVNI, « Idiocracy« . Un film dont la forme tutoie des sommets de nullité impressionnante, mais dont le fond continue de me faire réfléchir trois semaines plus tard. On y voit un monde, dans 500 ans, habité par nos descendants, tous complètement abrutis ; comme si la planète entière était une émission de télé-réalité du genre les Ch’tis à Ibiza. Une humanité devenue grasse, inculte et incapable même de cultiver une patate. Outrancier, certes, mais peut-être pas tant que ça. Ou alors ce film, et le post que vous êtes en train de lire, ne sont-ils simplement que l’expression désabusée d’un temps qui nous paraît perdu à jamais, celui de notre enfance et du barbecue de saucisses au bord de la rivière.

UPDATE : ma fille lisant ce post a souhaité préciser pourquoi elle préfère ses lectures : « Je préfère largement les livres de fantaisie ou de science-fiction parce qu’ils sont pour la plupart intemporels, qu’ils me donnent l’impression de m’envoler dans un autre univers. Les auteurs ont la complète liberté d’inventer un lieu, une époque ou même des créatures. Les classiques sont très bien mais ne me font pas rêver par rapport à mes livres. Ils sont figés dans le temps et ont forcement des héros humains .La gloire de mon père est surement très bien mais la vie d’un petit garçon qui va à la campagne n’est pour moi pas aussi intéressante qu’un monde de la nuit qui chasse des démons ou des créatures obscures. D’accord, les classiques pour la plupart sont mieux écrits que les livres de fantaisie que je lis mais ils sont moins vivants. »

Paysans : des vies sans star.

Par Marion

Reprendre la main sur ce que l’on mange. Ce que l’on mange nous constitue.

michel-guerard-poids-lourd-de-la-dietetique-en-aquitaine,M163386Depuis les années 80, la nourriture – ce que l’on mange et comment on le mange – est devenue l’objet de toutes les attentions et de toutes les médiatisations. J’ai notamment en mémoire Michel Guérard (photo), parmi les premiers à lancer sa cuisine minceur et une boutique place de la Madeleine à Paris. Les cuisiniers sont devenus peu à peu des stars internationales, passant de la cuisine au petit écran, en profitant pour générer de nombreux produits dérivés. Dans cette mouvance, les artisans de la gastronomie ont travaillé leur image et nous avons vu naitre des stars chez les bouchers, les fromagers, les traiteurs, etc. La nourriture inonde nos médias traditionnels et nos réseaux sociaux, le #Foodporn devenant même pour certains un bien meilleur moyen de briller en société que la mode !

AnaisDans cette chaine alimentaire, les seuls qui n’ont pas saisi à bras le corps cette vague de reconnaissance en sont le premier maillon, le maillon essentiel sans lequel rien ne se ferait : les paysans. Pourquoi nos paysans, à quelques très rares exceptions, n’ont-ils pas réussi à devenir des stars de la bouffe comme tous les autres ? Il y aurait pourtant des candidats « naturels », comme Jacques Abbatucci et sa vache tigre en Corse, Asafumi Yamashita et ses légumes extraordinaires ou encore Anaïs Kerhoas (photo) et ses plantes médicinales. Je suis triste que la majorité des paysans que l’on entend ne soit pas plus fière de ce qu’ils produisent. Quelle misère que leur seule médiatisation se passe autour d’amours pathétiques scénarisés sur fond de James Blunt ou de tonnes de fumier déversées devant des préfectures aux grilles fermées.

SAVOIR FAIRE BIEN ET BIEN FAIRE SAVOIR

Il y a, à la source de ce qui nous constitue, un savoir faire et un métier qui sont en train de s’enliser dans des normes, des quotas, des rendements. Et c’est pourtant, sans doute, le plus important de tous les métiers. Comment faire pour leur redonner envie de nous nourrir bien, mieux, avec plaisir et fierté ? Et que ça se sache.

Marion

Une pensée bio pour mes moines !

2boitesSeptFonsJe gardais le clebs à l’ombre pendant que le reste de la famille faisait les courses au supermarché. Je n’ai donc pas vu the Meuf choisir les produits qu’elle a glissés dans le caddy à l’insu de mon plein gré. C’est en rangeant les courses que j’ai découvert ça… (photo ci-contre)

AVInvin2BoitesSeptFonslors pour vous ce ne sont peut-être que deux boites de trucs chelous, mais pour moi ce sont des trésors. Si vous regardez bien, ce sont des boîtes qui proviennent de l’Abbaye de Sept-Fons. C’est dans cette abbaye au coeur de l’Allier que je vais chaque année depuis trois ans ; j’en avais parlé là lors de ma première déconnexion. J’écrirai un jour sur les bienfaits d’une retraite chez les moines, même quand on n’est pas en taquet en terme croyance. L’Abbaye de Sept-Fons est devenue pour moi une sorte de port d’attache, un lieu paisible qui existe quelque part et dont les pulsations me rassurent. Plus de 70 moines y vivent et y travaillent, produisant depuis près d’un siècle une vaste gamme d’excellentes choses, du miel, de la confiture, des biscuits et plein de trucs bizarres à base de machins qu’ils mettent dans tous les plats. Leur produit phare est la Germalyne, vous connaissez peut-être. Mes moines (je les appelle « mes moines » parce que ce sont mes moines) produisent du bio depuis quelques temps, pour se mettre aux goûts du jours. Alors ça m’a fait plaisir cette petite attention bio ! J’espère que mon ami le Frère E., qui gère la boutique, passera un jour sur ce blog pour lire cet article et constater que je pense à eux même dans mon assiette !

Soleil-Septfons