Archives pour la catégorie SOCIÉTÉ

Bataclan : 6, Climat : 0 ?

Ces 15 derniers jours j’ai été négatif avec un paquet de trucs.
Hier j’ai été négatif à propos de COP21. Je sais, ce n’est pas bon pour le karma.
Mais mes désillusions sont le fruit de semaines et de semaines d’érosion , le tout bien pulvérisé le 13 novembre, et enfoui ensuite sous un tas de décisions que tout mon corps rejette. Un peu gavé en somme. Alors se plaindre ne fait pas avancer le bousin. Mais ça détend et on se sent moins seul…

Je reviens cependant sur COP21.

logoCOP21Ce qui est dingue c’est que des milliers de gens travaillent sur cet événement depuis des mois. Des gens qui ne comptent pas leur temps pour nous alerter et nous protéger. Des associations, des institutions, des particuliers, des universitaires, des chercheurs, pour qui le climat est l’enjeu des enjeux. Ces gens composent avec le politique car ils ont compris qu’ils n’avaient pas le choix. Ils acceptent d’avaler des couleuvres pour progresser d’un mètre, puis reculent de deux avant de recommencer. J’imagine à quel point les attentats, au-delà de la douleur partagée, ont dû les décourager, les creuser davantage. 130 morts dans un concert de rock, ça provoque une émotion presque reptilienne, d’une puissance dévastatrice dans la hiérarchie de nos peines. Il suffit de trois photos du Petit Cambodge pour pulvériser tous les arguments pour la planète. Alors que « le réchauffement climatique », c’est comme une thèse à lire, des images à construire, une projection intellectuelle à dessiner. On ne ressent pas les effets du réchauffement dans son corps, on ne visualise pas les conséquences dans le futur, la projection est abstraite. Le climat ne peut pas lutter contre le Bataclan, il est désintégré…

depression1Pour tous ces lanceurs d’alerte, qui gardent leur cap malgré cette tempête terroriste, lire nos statuts et nos tweets sur COP21, réducteurs, faciles parfois, ce sont autant de coups sur leurs gueules, sur eux qui se battent chaque jour pour y croire malgré l’indifférence générale. Bien sûr, ce ne sont pas eux qu’on vise quand on critique, mais dans le peu de temps que l’on prend à argumenter, débattre, développer nos colères, ils prennent dans le lot et puissance dix, car à leur désarroi se joint l’impuissance et l’abandon du public.

Résultat : COP21, qui devrait être notre cause à tous, devient le support de nos ressentiments.
C’est aberrant.

Le problème du climat est au coeur, et peut-être même à la source (entre autres) du problème terroriste. Dans les zones déjà touchées, les morts sont quotidiennes, plus nombreuses (mais moins spectaculaires), et elles créent des exodes effrayants. On se sent impuissant alors que des solutions existent. Plein. On les connait. Mais les gars qui dirigent, et les gars qui financent et influencent les gars qui dirigent, se protègent dans des bunkers pour s’accorder entre eux sur des compromis qui ne rejoignent pas toujours l’intérêt public planétaire. Du coup on est énervé, alors c’est reparti, ça relance la machine à plaintes, moi le premier, on s’emporte, on s’agace, on voudrait tout péter et on écrit des tweets assassins pendant que ceux qui bossent vraiment sur le climat se désespèrent… Et ainsi de suite… Cercle infernal. Stérile.

STOP !

J’en ai assez. Marre de cette inefficacité systémique.

Logo_PlacetoB-2Mon ami et ancien associé Gildas Bonnel, qui est (entre autres) responsable du développement durable à l’AACC, m’a invité à causer le 8 décembre à « Place to smile », qui se tiendra dans le cadre des actions « Place To Be » , et j’ai accepté. Ensemble et avec d’autres nous allons réfléchir à comment parler du climat pour intéresser les gens, même si ça continue de péter autour de nous et que nous rejetons ceux qui tiennent les manettes .
Comment communiquer sur l’urgence d’un problème dont on ne perçoit rien quand dans le même temps on perçoit l’inhumanité et le sang en direct et en images ?
Par soutien, amitié, ras-le-bol de ma complainte et surtout parce que le sujet est critique, je fais le pacte avec moi-même de mettre mes critiques sur COP21 de côté pendant tout l’événement ; nous verrons ensuite ce qu’il ressort de tout cela.
Je vous laisse, je dois y aller. Je dois traverser Paris à pied ils ont bloqué le périph’ ces enc… Pardon.
C’est parti.

Être gentil jusqu’au moment de ne plus l’être…

Par @Vinvin

Avant c’était plus simple. Il y avait les méchants et les gentils.

FourgonLes gentils étaient protégés par la police et par l’armée. Les méchants étaient faciles à reconnaître, ils avaient un uniforme allemand ou des costards à la Audiard. En cas de pépin, les gentils appelaient soit la police qui arrivait en fourgonnette de boulanger itinérant, soit l’armée qui se retrouvait encerclée. Les gentils se planquaient en attendant des jours meilleurs – ça sert à ça les gentils. Quand les soldats gagnaient, grâce à des héros américains et des résistants communistes-mais-pas-que, les gentils les embrassaient et on dansait toute la nuit en mâchant des chewing-gums.

Telephone rougeEnsuite sont arrivés les combats froids. Une guerre d’intimidation à base de j’en-ai-une-plus-grosse-que-toi et si tu dépasses la frontière je te fais un Hiroshima pour toi tout seul. Planque tes missiles abruti, tout le monde t’as vu mon cochon, il n’y a pas de Baie qui tienne : détente ! Les murs tombant, la guerre s’est réchauffée et chacun a pu garder les moutons ensemble en faisant prospérer le petit commerce. Pendant quelques temps la pistole est restée en haut du placard, pour bien profiter des Glorieuses et faire péter la carte bleue.

Et puis un jour, il faudrait retrouver où et quand, la matrice est devenue floue… Le méchant s’est dilué, il a muté, il s’est glissé en intraveineuse. Aujourd’hui il est partout ; et nulle part. Il frappe par petites touches, qui d’un dessinateur de presse, qui d’une reporter en direct, d’un wagon, d’une école d’adolescentes, d’un lycée, d’un cinéma, d’un marathon, d’un musée, d’une mosquée, d’une synagogue ou d’une église, qui de quoi mais ou et donc or ni car. Il est noir, blanc, jaune ou vert, athée ou croyant, mais il a un flingue, une caméra et une page Youtube. Le mytho-mégalo-psychopathe a vu tous les films et il s’est vu dedans. Tout seul, il met le monde à ses pieds le temps d’un selfie et d’un JT, avant de se faire broyer dans l’oubli comme Mickael Vandetta.

marqueyssac_bastionDu coup quand t’es un gentil con-con, comme 90% de la planète, tu appelles qui ? Un drone ? Le drone c’est sympa, ça vole en stationnaire et ça filme les plus beaux jardins de France pour Stéphane Berne. En revanche, le drone que tu as acheté 90€ chez Auchan à Noël il s’est écrasé sur le toit une heure après l’avoir sorti de sa boîte. Sinon, pour les drones de guerre, ils marchent pas mal pour buter du Taliban récalcitrant, mais ils sont nuls pour l’intérieur des musées, rapport à la hauteur sous plafond.

Ça laisse comme une impression d’impuissance, un petit goût amer, une sorte de voile sur un bonheur possible, car oui, le bonheur est possible ! (si l’on considère qu’il n’y a pas de crise financière, ni morale, ni politique, ni religieuse, ni sociale, ni rien. Les indicateurs sont aux verts parait-il, pendant que les dépressifs sont au rouge. Hips). J’en étais où ? Ah oui, les gentils et les méchants. Solution ! On renforce la surveillance. Grâce aux renseignements, la prochaine fois qu’un mec qui s’appelle Flanagan envoie un fax de 20 pages quelque part on l’oblige à lire un roman de James Joyce, en anglais dans le texte, assis sur le crâne d’Eric Ciotti préalablement enduit de vaseline Morano, la vaseline qu’il vous faut. Ça ne le tuera pas (le méchant) mais on gagnera du temps… Mais je sens que je m’égare.

Trêve de plaisanterie ! Hier avec le coup de ces morts en direct, comme tout humain normal je me suis une fois de plus demandé comment on en était arrivé là… À chaque fois je me dis qu’on a atteint les limites, et une semaine plus tard elles sont à nouveau franchies. Le méchant tape comme la foudre en forêt, ici ou là (comment savoir ?), et il te le raconte en live avec sa tête de noeud. Il te prend à témoin et tu n’as pas d’autre choix que de le supporter, sauf à couper toute liaison avec le temps réel. Après tu l’évacues par tous les pores de ton corps, mais le mal est fait. Il va falloir vivre avec ça, une peur permanente, une trouille statistique, c’est comme l’Euromillions mais avec la mort au bout, même si t’as pas envie de jouer…

suricateContre cette roulette russe grandeur mondiale, en ces temps d’héroïsation des héros héroïques, on nous invite à nous responsabiliser. Ouvre les yeux petit scarabée, renifle le parfum de dynamite, écoute le bruit d’un chargeur qui s’enraie, reconnais le sac de contrebande, dénonce le voisin trop bruyant… Je taquine mais il y a un truc quand même… Il va peut-être falloir vivre autrement, en réapprenant les bases de la survie, trop longtemps déléguées à la police et à l’armée ? Ne plus se contenter de se figer devant le JT, mais refaire appel à nos réflexes reptiliens ? Se réarmer, et je ne parle pas des armes à feu mais de notre capacité à sentir, anticiper, esquiver, fuir au lieu de combattre et inversement…  Est-ce une régression de notre humanité ? Une défaite de la pensée des Lumières ? Un juste retour des choses ? Un cycle ? Une étape ou un nouveau départ ? La ré-acquisition d’une certaine autonomie dans la survie trop longtemps déléguée ? Je n’en sais rien et ça me fait peur.

Pour aller plus loin dans ces questionnements, j’ai décidé d’aller discuter très sérieusement avec un spécialiste de la self défense et bien plus que cela, un type qui a bossé en espaces très secrets secrets, qui forme des mecs qui forment des mecs qui forment des machines de combat, une sorte de Jedi. Je suis en cours de discussion avec lui car je n’en resterai pas là sur ce sujet qui m’intrigue et me passionne. On se fera un Hangout tous ensemble si ça vous branche, pour discuter sérieusement de ces histoires de sécurité, d’héroïsme, de préparation, d’armes ou pas d’armes, de comment vivre en paix dans un monde si violent… Je vous tiens au jus.

J’ai l’impression que si nous, les con-cons, ne reprenons pas la main, on n’a pas fini de commencer.

Musique de film, symphonie, larmes d’émotion, canette de bière.

Amuse ta famille ! Trouve un nouveau nom à la permaculture.

Par Marion

une-perruque-chienPermaculture : kézako ?

La permaculture est née dans les années 70. C’est une philosophie de vie. Ou plutôt une façon d’agir dont l’application la plus connue concerne l’agriculture durable. Ne partez pas ! Je vous assure c’est passionnant ! Permaculture, c’est la contraction de « permanent culture » (en anglais), de culture permanente. À ce stade vous vous demandez quel est le rapport avec le chien à perruque ? Aucun, c’est juste pour garder votre attention quelques secondes de plus. Je fais ce que je peux.
David Holmgren, le créateur de la permaculture (avec Bill Mollison) la définit ainsi :
« La permaculture est un système de conception basé sur une éthique et des principes qu’on peut utiliser pour concevoir, mettre en place, gérer et améliorer toutes sortes d’initiatives individuelles, familiales, et collectives en vue d’un avenir durable. »

0b6125feLe but est donc de :
– diminuer l’effort pour l’être humain en augmentant la productivité
– améliorer l’utilisation de l’énergie sous toutes ses formes (les déchets doivent devenir des ressources)
– travailler en coopération avec la nature (et non contre elle) en prenant modèle sur elle (épuration par les plantes par exemple)

L’attention est aussi portée sur la durabilité d’un système, sa non dangerosité pour nous et les générations futures mais aussi sur sa robustesse (résilience) face aux aléas de la vie (climat, maladies,…). Le type à droite c’est énorme, je sais…

Cela fait donc près de 45 ans que la permaculture existe dans le monde entier et elle commence seulement maintenant à devenir « populaire ». Une piste pour expliquer la lenteur de sa popularité, pourrait résider dans le terme « permaculture » lui-même.

cohabitation-chiot-chien-03Monsieur Vinvin ne cesse de me dire que « c’est pourri comme mot ». Il dit que c’est « chelou », que « c’est un mélange de permafrost et d’agriculture, et que ça donne pas très envie… ». Il le dit avec ses mots mais tous les gens avec qui j’aborde le sujet sont globalement d’accord pour dire que ce mot n’est pas terrible. Or, on dit que nommer une chose la fait exister. Mais comment faire pour changer le nom d’une philosophie qui existe depuis si longtemps, dans tant de pays, et qui commence à peine à être populaire ?
Est-ce trop tard ? Et si on s’amusait à trouver mieux… (trop mimi ce petit chien) ?

Appel à cogitation. Et si on trouvait un nom sexy et compréhensible pour la permaculture ?
N’hésitez pas à laisser vos suggestions, ici ou sur Facebook. Merci pour eux.

Je suis de gauche ou de droite ?

Je vais devenir cinglé avec cette question sans queue ni tête.
Je suis né dans un cocon de droite. Banlieue ouest. Catholique. Baptisé et dérivés.
Pas d’excès mais de quoi vivre comme il faut, étudier dans de bonnes écoles, jouer au tennis et partir en voyage linguistique à Folkstone.
BarreJ’ai baigné dans un jus de droite, RPR classique, libéral sympa.
En 81, j’avais onze ans, j’ai vu mes proches et leurs amis s’effondrer en voyant apparaître le visage pixelisé de Mitterrand. Les chars soviétiques n’étaient pas loin.
En 88 c’est la première fois que je votais, je me suis révolté, j’ai opté pour Raymond Barre. Oui je sais, je suis un vrai punk ! Je tractais sur la place du marché à Garches, c’était intense comme une partie de bridge un week-end de Toussaint.

Mais j’aimais bien le bonhomme…
Et puis je me suis mis à réfléchir tout seul ; hors des sentiers religieux tout d’abord, et hors des évidences libérales ensuite. Comme quoi il est plus simple de se libérer d’un dieu que d’un courant de pensée politique.

isoloirEn grandissant je me suis mis à penser à des trucs révolutionnaires comme la fraternité, la justice, l’inégalité des chances, le pas de bol de certains, les magouilles des autres, l’éternel pouvoir de l’argent méchant contre l’éternelle misère des plus faibles. Mais toujours en vivant à l’ouest, avec mes familles libérales et mes amis dans la finance. Discrètement, je me suis mis à voter des trucs chelous, des machins verts, des machins roses, des listes dissidentes ; je profitais des premiers tours des élections locales ou moins locales pour m’encanailler sur des listes interdites, un peu comme si j’allais aux putes en cachette. Au deuxième tour je revenais dans le rang, parce que je n’avais pas le choix. Parce qu’à la fin de toutes les élections, toujours (ou presque) depuis Néandertal, il a fallu choisir entre gauche et droite. Et depuis la défaite de Raymond Barre, je refuse d’être centriste, j’ai besoin de radicalité. On ne peut pas être radical du centre, c’est quantique.

Alors ? De gauche ou de droite ?

Je vois chez mes amis, à droite comme à gauche, des gens qui se ressemblent. Radicaux. Excessifs parfois, ils sont pourtant sincères dans leurs idées, capables d’argumenter et d’écouter. Ils ont comme désir commun la justice et le bonheur pour tous. Personne de mes amis de droite ne se réjouit du chômage, de la misère et des inégalités.
fraterniteTous aimeraient pouvoir changer le cours des choses. Personne de mes amis de gauche ne voudrait buter mes amis de droite, bien que ça les démange philosophiquement. Tous sont effondrés par cette gauche molle de centre droit, par cette droite dure qui pointe, par cette gauche radicale qui s’enlise. Je vois chez mes amis de tous bords une sorte de tronc commun impalpable mais réel, proche du ras-le-bol, de l’envie de révolte, pour ne pas dire plus. Je sens un besoin de respect, d’intelligence, de bon sens. Le tout teinté de préoccupations écologistes raisonnables, de plus en plus. Il existe, j’en suis sûr, un tronc commun qui n’est pas un centre mou et consensuel.

Ce tronc commun n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre : il existe « virtuellement » mais n’a pas de forme humaine. C’est un courant qui flotte dans l’atmosphère, une troisième dimension, une ligne multiple qui part de l’ancien et se projette dans l’avenir, le numérique, le partage, le réseau, le savoir, la simplicité, l’intelligence, au service de l’Humain, et pas seulement de quelques humains. Je crois que je ne rêve pas. Il me semble que c’est en train d’arriver.

Vous voyez ce que je veux dire ou pas ?

Mon plan pour la Révolution.

Par Vinvin

BarragesVoilà le plan : on parvient à réunir dans une même colère, et ça ne devrait pas être trop difficile, les routiers, les taxis, les pilotes de ligne et les agriculteurs. Avec ça déjà on est bien. On lance le blocus général le vendredi 11 décembre, un peu avant les courses de Noël, les départs en vacances, les touristes en masse et la joie du business. Pays bloqué. L’enfer ! Pour donner un peu de sexytude à l’ensemble, on réveille les étudiants ; ils sont jeunes et nerveux, ils crient dans tous les sens et ça leur fait sauter les partiels de fin de trimestre.

kendji-girac-19227La manif dure un jour, trois jours, huit jours… Le gouvernement est flippé, ça pue du cul. Avec leurs 8% de satisfaits dans les sondages, ils savent que s’ils bougent un oeil trop agressif, c’est la guerre. Nous, les gens sans tracteur ni avion, on commence à descendre dans la rue vers le 5ème jour, dans 10 plus grosses villes de France, en soutenant le mouvement parce que « ça suffit, c’est plus possible tout ça, y’en a marre » (ou tout autre slogan de votre initiative du moment que ça tient dans un Tweet. N’oubliez pas les mégaphones). Si des politiques essaient de se placer en tête de cortège avec des banderoles, on les ficèle et on les pose sur un char de la gay pride en queue de cortège avec du Kendji Girac dans les oreilles.

On ne tue personne ! C’est bien compris ? Bon. Je continue.

À Paris on gueule très fort et on squatte les rues stratégiques : Champs-Elysées, Saint-Germain, La Tour Maubeuge, Hoche, Foch, Mozart, Kléber, Opéra, Batignolles. Laissez tomber Nation, Bastille et République, ils s’en foutent, ce n’est pas là qu’ils habitent ! On bloque, on squatte, on fait des méchouis géants et on s’installe dans un énorme mouvement de contestation sans précédent. Le gouvernement est pris de toutes parts, PERSONNE ne lâchera ! On se relaie, on tourne, on se soutient les uns les autres. Et on ne bougera pas tant que…

BREAKING NEWS. ALERTE RÉVOLUTION.

larcher_gerard86034e« Il est 18h20 vous êtes en direct de BFMtv, nous suivons bien sûr toute la journée les événements du BG, le Blocus Général, avec nos envoyés spéciaux qui sont mobilisés dans les 10 villes paralysées depuis maintenant 13 jours. Je vous rappelle que cet après-midi François Hollande et le Gouvernement dans son ensemble ont démissionné. Et nous vous l’annonçons ce soir en exclusivité sur BFMtv, à 18h21, c’est donc Gérard Larcher, le Président du Sénat, qui assure l’Intérim en attendant que les différentes organisations du B.G. s’organisent. Parmi les revendications entendues lors du dernier grand méchoui républicain, les principales sont de dissoudre l’Assemblée et de modifier la Constitution. La difficulté de telles revendications est que, selon cette constitution elle-même, le Président du Sénat n’a pas le pouvoir, ni de dissoudre l’Assemblée, ni de modifier la Constitution. Il faudrait donc que le Président du Sénat décide de… Attendez je regarde mes fiches car, nous sommes en direct sur BFMtv je vous le rappelle, jamais on a vécu une situation pareille, n’est-ce pas Christophe Barbier ? »

barbier« En effet Michel, jamais, jamais depuis que la 5ème République a été mise en place nous n’avions rencontré une telle situation. Un Président démissionnaire, un gouvernement démissionnaire, un Président du Sénat dont les pouvoirs sont inadaptés à une réforme de fond. La seule solution pour sortir la France de ce dramatique blocus, serait la tenue de nouvelles élections. Élections qui permettraient alors un changement profond de la constitution, sans doute l’instauration d’une VIème République, et un retour au calme. Le problème Michel, et c’est là tout l’enjeu, c’est que le Blocus Général qui est né dans la protestation n’a pas encore accouché d’un leader naturel évident. On le voit bien, les organisations en place commencent déjà à montrer des désaccords profonds quant à la suite à donner au mouvement. Je prends l’exemple du Blocus de Nantes où des agriculteurs et des routiers se sont affrontés violemment ce matin, on nous parle même de blessés graves… La question que l’on doit se poser maintenant est la suivante : une révolution, d’accord, mais pour quoi faire ? Sans doute aurait-il fallu y penser avant…. »

Merci Christophe Barbier. Je vous le rappelle si vous venez de prendre l’antenne, le Blocus Général s’intensifie tandis que tout le gouvernement a démissionné et c’est Gérard Larcher qui est désormais à la tête du pays. Restez avec nous, on se retrouve après quelques messages publicitaires, la météo et le journal des sports.

Arnaque, vrais amis, faux amis, police et démerdenzizich !

Par Vinvin

Hier en plein milieu de l’après midi je reçois un message privé Facebook d’un contact que je ne connais pas directement, une jeune femme à l’allure charmante avec qui j’ai 5 amis en commun. Ça commence par un « coucou bonjour ». En vieux routier, je me doute bien que c’est de l’arnaque… Personne de mes amis ne commence une conversation en t’chat par « coucou bonjour ». En général je ne réponds pas et je pulvérise le contact, mais là je suis d’humeur badine…

ELLE : Coucou Bonjour

MOI : Bonjour

ELLE : tu peux te rendre chez un buraliste ou dans un kiosque à journaux et prendre aux minimums 3 coupons de rechargement PCS MASTERCARD de 250 euros chacun

MOI : Bien sûr. Et après je fais quoi ?

ELLE : Tu m’envoies les codes des coupons et si possible un scan par mail. J’attends de tes nouvelles.

MOI : OK ça roule.

ELLE : Ok je peut compter sur toi Cyrille?

MOI : Bien sûr !

ELLE : Ok a quel heure le féras tu les 3 coupons de rechargement PCS MASTERCARD de 250 euros chacun

MOI : Donne moi une heure !

ELLE : Ok pas de souci donc je compte sur toi.

MOI : Tu me connais, est-ce que je t’ai déjà laissée tomber ?

ELLE : Ok donc une fois tu as achétés les code coupons Tu m’envoies les codes des coupons et si possible.

(PAUSE) À ce stade de l’histoire, qui m’amuse, j’essaie de voir comment contacter cette jeune femme de mes amis d’amis qui s’est fait pirater son compte. J’envoie à mon ami Jean-Marc Manach (mon camarade de jeu du Vinvinteur, spécialiste du hacking, qui se trouve être dans les 5 amis communs) un SMS mais il ne me répond pas, sans doute en vacances. Les 4 autres m’ont l’air loin et déconnectés. Pris dans l’histoire, je demande de l’aide sur Twitter…

Mugu1

Mugu2

Je me dis que ce serait assez simple. Je donne au truand des codes « marqués », comme quand les billets sont marqués dans les films ! Et hop ils le chopent quand il s’en sert, admettez que c’est malin. Mais oui c’est malin ! J’hésite cependant sur la marche à suivre, et je le dis.

Mugu3

Je décide d’appeler Mastercard. Alors là le type n’en a rien, mais vraiment rien à faire, c’est impressionnant. Il me dit de porter plainte. Je lui dis que je n’ai pas que ça à faire, je suis déjà sur le dossier Morano ! Haha, non, je ne lui dis pas cela, je raccroche un peu déconfit… Et je le dis publiquement.

Mugu5

OK, donc, n’ayant pas de nouvelle de @Manach, et Mastercard étant détaché du problème, je contacte la BEFTI (Brigade d’Enquête sur les Fraudes aux Technologies de l’Information) sur le conseil du Twittos @BertrandVillien. Le gars de la BEFTI est très sympa mais me dit qu’il n’y a rien à faire. Que c’est sûrement hors de notre juridiction, sous-entendu plus au sud, et qu’il n’est pas simple d’agir et qu’il en est désolé. Je lui parle de mon plan génial des codes trafiqués, il me répond « on n’est pas dans un film… ». Je lui réponds que si j’avais suggéré d’envoyer le GIGN ou des drones nucléaires, effectivement ce serait too much, mais mon idée de code ne devrait pas être si compliquée… Il l’a admis gentiment mais m’a répondu qu’ils n’étaient pas équipés pour ce genre de piège… Au revoir monsieur. Notons au passage à quel point la lutte contre la fraude sur le net est une priorité…

Mugu7

À ce stade de l’enquête, je contacte Facebook. Ils sont prêts à intervenir si je leur donne l’URL de mon amie d’ami… Je leur demande 3 minutes au cas où, pour clôturer l’affaire avec mon escroc. Je recontacte donc le gars qui, je le rappelle, s’appelle ELLE dans le dialogue. Pour paraître plus naturel, je lui fais croire que j’ai eu un souci. Pas un souci grave…

MOI : Je suis embêté y’a que des codes 150€ !!!

(Long moment sans me répondre. J’insiste)

MOI : Tu es partie ? Tu n’as plus besoin de sous ?

ELLE : j’ai ete piratée évidemment.. desolée

(PAUSE) Là, je me dis : oulalala le mec est plus fort que je pensais. Il me teste. Cela doit être dans la procédure d’arnaque : ils doivent toujours vérifier si le pigeon n’a pas pris le temps de se méfier… Donc je ne me démonte pas…

MOI : Ah mais non, moi j’ai les sous !

ELLE : on peut créer un lien leetchee si tu y tiens!

(Pause) Je vous avoue qu’à ce moment-là je commence à douter. La personne connaît le site Leetchi, mais l’orthographie comme un escroc. Et en plus, je me dis que c’est peut-être un moyen de récupérer les sous autrement, en créant une cagnotte. Je fais le candide…

MOI : c’est quoi ?

(Long silence : pas de réponse)

J’ai l’impression que je suis en train de perdre mon arnaqueur… Ou alors c’est vraiment elle qui est revenue mais qui me prend pour un arnaqueur ! Je le dis sur Twitter.

Mugu8

Situation ubuesque ! D’un côté moi qui ne peut pas tomber le masque au cas où mon adversaire serait vraiment très très fort et est en train de me piéger ; de l’autre côté ELLE (ou LUI) est en train d’attendre ou de me prendre pour un fou/escroc/malade/pigeon de compétition. Si c’est elle qui a repris son compte en main, elle doit vraiment me prendre pour un débile profond prêt à donner ses sous à la première personne qui lui dit « coucou bonjour ». Si c’est lui, il doit commencer à sentir le coup fourré. Dans les deux cas je suis farci… Pendant ce temps-là sur Twitter, un contact m’envoie en message privé l’adresse d’un site qui permet de récupérer l’adresse IP d’une personne si elle clique sur un lien. Je vais essayer dès que je peux, je saurai au moins où est localisé l’arnaqueur et si les flics de la BEFTI avaient raison… Je relance.

MOI : Bon alors j’en fais quoi de ces codes ?

ELLE : ne fais rien surtout

Je commence à penser que c’est vraiment elle qui a récupéré la main sur son compte. Un débile d’escroc ne peut pas bluffer au point de me demander de ne surtout rien faire… Ou alors c’est du dixième degré à la George Clooney et il veut me soutirer des millions plus tard… Je tente autre chose.

MOI : Tu es sur twitter ?

ELLE : non pas sur twitter.. enfin j’y vas jamais

MOI : Qui est notre ami commun qui est spécialisé en hacking ?

Silence. Pas de réponse. En même temps je réalise que ma question est bidon car si nous allons sur la page de nos « amis communs », la seule « profil picture » un peu louche est celle de Manach, elle représente une caméra de surveillance… J’ai l’air malin avec ma question sur le hacking… Bon, je ne comprends plus rien et j’avoue que j’irais bien me prendre une bière, je n’ai pas que ça à faire non plus… Je tente quand même le coup du lien sur le site pour récupérer l’IP (je ne vous mets pas le lien car si vous cliquez je localise vos IP, ça ne se fait pas…).

MOI : Bon je vais devoir partir… Pour récupérer tes sous c’est là : Lien.

ELLE : mais j’ai ete piratée… ne fais rien

OK. La dame insiste. Je crois que c’est vraiment elle. Tout est rentré dans l’ordre. Je dis à mes contacts Facebook que c’est réglé, et j’annonce sur Twitter que c’est la fin. 

Mugu9

Je trouve dommage à ce stade de se quitter sur une patte après tous les efforts entrepris pour faire tomber l’axe du mal, j’invite donc la dame à aller lire l’ensemble de l’aventure, pour la gloire…

MOI : va lire mon fil Twitter et tu vas rire. @Vinvin

ELLE : d’accord je vais lire..! mercii

Et puis, pour voir si le détecteur d’IP fonctionne, je clique dessus moi-même ; je sais, c’est un peu triste.
Effectivement je reçois un email avec mon adresse IP.

Je suis bien avancé. 

UPDATE (1) : Elle a cliqué sur le lien « piège » quand même, sans doute par curiosité.
UPDATE (2) : Nous avons correspondu par email par la suite et je lui ai demandé si elle était bien en Guadeloupe comme le lien piège m’en informait. Elle m’a dit que non, pas du tout.
UPDATE (3) : Quant à mon adresse IP elle m’indique que je suis à Annecy. Ce qui n’est pas le cas du tout.
UPDATE (4) : Elle ne connait pas Jean-Marc Manach qui est notre ami commun. Lui non plus.
UPDATE (5) : Mais elle connaît bien un autre de nos amis qui est, paraît-il, en vacances en Corse, ce qui n’a rien à voir.

Je ne suis pas une baba cool

Par Marion

DCF 1.0

On pourrait le penser en y regardant rapidement : je mange bio, je m’intéresse à l’environnement, à la permaculture et à la méditation… Mais il y a des raisons pour cela et elles me classent davantage dans la catégorie « geek concernée » que dans la famille new age ou dans le cercle des hippies en folie :

– J’ai UN corps, et bien que je suive attentivement les fulgurants progrès des nanotechnologies et de la robotique appliquées à la médecine, je ne visualise pas encore très bien comment, et à quel prix, tout cela va s’incorporer à mon existant. Donc en attendant, je fais attention.

– J’ai UN cerveau et pour autant que l’intelligence artificielle me permette prochainement d’en augmenter considérablement les capacités, je suis assez attachée à l’idée de ma liberté et de mon propre pouvoir sur mon système d’exploitation personnel.

WALL-E_plant1– J’ai UNE planète et même si nos programmes d’exploration spatiale laissent imaginer d’atteindre des exoplanètes habitables en à peine 5 millions d’années, pour le moment je dois faire avec celle-ci ; et donc, arrêter de tout saccager m’offrirait un cadre plus simple pour continuer à fabriquer le futur.

Ces considérations égoïstes sont renforcées par les obligations que j’ai envers mes enfants.

Je ne suis donc pas baba et je suis de moins en moins cool 🙂

Marion

Paysans : des vies sans star.

Par Marion

Reprendre la main sur ce que l’on mange. Ce que l’on mange nous constitue.

michel-guerard-poids-lourd-de-la-dietetique-en-aquitaine,M163386Depuis les années 80, la nourriture – ce que l’on mange et comment on le mange – est devenue l’objet de toutes les attentions et de toutes les médiatisations. J’ai notamment en mémoire Michel Guérard (photo), parmi les premiers à lancer sa cuisine minceur et une boutique place de la Madeleine à Paris. Les cuisiniers sont devenus peu à peu des stars internationales, passant de la cuisine au petit écran, en profitant pour générer de nombreux produits dérivés. Dans cette mouvance, les artisans de la gastronomie ont travaillé leur image et nous avons vu naitre des stars chez les bouchers, les fromagers, les traiteurs, etc. La nourriture inonde nos médias traditionnels et nos réseaux sociaux, le #Foodporn devenant même pour certains un bien meilleur moyen de briller en société que la mode !

AnaisDans cette chaine alimentaire, les seuls qui n’ont pas saisi à bras le corps cette vague de reconnaissance en sont le premier maillon, le maillon essentiel sans lequel rien ne se ferait : les paysans. Pourquoi nos paysans, à quelques très rares exceptions, n’ont-ils pas réussi à devenir des stars de la bouffe comme tous les autres ? Il y aurait pourtant des candidats « naturels », comme Jacques Abbatucci et sa vache tigre en Corse, Asafumi Yamashita et ses légumes extraordinaires ou encore Anaïs Kerhoas (photo) et ses plantes médicinales. Je suis triste que la majorité des paysans que l’on entend ne soit pas plus fière de ce qu’ils produisent. Quelle misère que leur seule médiatisation se passe autour d’amours pathétiques scénarisés sur fond de James Blunt ou de tonnes de fumier déversées devant des préfectures aux grilles fermées.

SAVOIR FAIRE BIEN ET BIEN FAIRE SAVOIR

Il y a, à la source de ce qui nous constitue, un savoir faire et un métier qui sont en train de s’enliser dans des normes, des quotas, des rendements. Et c’est pourtant, sans doute, le plus important de tous les métiers. Comment faire pour leur redonner envie de nous nourrir bien, mieux, avec plaisir et fierté ? Et que ça se sache.

Marion

Il y aura trois mondes.

Par Vinvin

La technologie va tellement nous habiter qu’elle va disparaître… De notre vue.
C’est ce que je retire de la lecture de ces deux articles qui m’ont interpellés hier…
Le premier article raconte la passionnante aventure entrepreneuriale de Rand Hindi et le deuxième est une interview de Rafi Haladjian , inventeur en son temps de Nabaztag et créateur aujourd’hui de l’objet connecté-domotique Mother.

MOTHERSi j’ai bien tout compris à ces deux lectures, le monde qui s’annonce sera tellement connecté et simplifié que l’on ne s’apercevra plus de rien. Les données circuleront de façon indolore. L’intelligence embarquée se fera discrète pour ne rien nous imposer. Comme si la phase d’utilisation consciente et rébarbative des machines telle que nous la vivons aujourd’hui n’allait être qu’une étape intermédiaire qui nous paraîtra dans dix ans aussi archaïque qu’un vieux walkman Sony. Les objets redeviendront objets, une casserole sera casserole et une brosse à dents… Brosse à dents. Dans ce monde idyllique d’apparence « re-déconnecté », des milliards de données passeront de l’homme à l’objet et de l’objet à l’homme sans qu’on n’ait plus à se soucier du mode d’emploi, du système d’exploitation et de la puissance du processeur.

IL Y AURA TROIS MONDES.

Premier monde, la plus grande masse : les Connectés. Les connectés sont les utilisateurs bienheureux d’une technologie de plus en plus performante et discrète. Des humains protégés, à la vie simplifiée, accompagnés et servis avec intelligence, anticipation et précision. C’est nous tels que nous sommes aujourd’hui et tels que nous serons peu à peu, nous habituant à l’idée comme des grenouilles s’accoutumant à l’eau chaude dans la marmite… Les plus pauvres économiquement feront partie de ce premier monde, se connectant à crédit, grappillant comme ils pourront leur kit de survie « smartphone-voiture-domotique », pour ne pas se laisser distancer par la grande marche de l’humanité.

Elon-MuskDeuxième monde : les Concepteurs. Détenteurs de cette technologie, marionnettistes fortunés, ingénieurs savants, entrepreneurs que l’on dit de génie, visionnaires investis à qui l’on va confier notre confort. De plus en plus équipés en Intelligence Artificielle, baignés par la Biotechnologie et les Nanotechnologies, les Concepteurs vont devenir une caste à part entière : ceux qui comprennent et organisent le monde. Les Concepteurs compteront les points, les données et les dollars…

Et enfin le Troisième monde. Les Volontaires. Déconnectés par principe, résistants à l’immense matrice invisible et indolore, soucieux de préserver leur illusion de liberté, ils seront les fruits d’une rébellion philosophique revendiquée qui devra inexorablement se radicaliser. Car dans cette gigantesque carte à puce que va devenir notre humanité, une seule connexion sera suffisante pour entrer dans le système. Et comme personne ne vendra plus d’appareils déconnectés, il faudra réapprendre à se servir d’objets inanimés, sans doute se cacher des capteurs en tous genres, d’images, de sons, de parfums…Dans ce monde-là les casseroles seront juste des casseroles, les frigos seront vieux, froids et isolés, les voitures seront des vestiges carburant à l’huile frelatée et roulant sur des chemins de traverse inaccessibles en voiture sans chauffeur. Une liberté inconfortable, sans doute anachronique, jugée désuète et ridicule par l’ensemble du monde confortable. Les Volontaires ne feront peur à personne avec leurs arcs à flèches et leurs solex. Ils seront considérés comme les descendants des beatniks, des rêveurs, des attardés refusant le progrès.

3092036271_1_3_6jAVK0NYLa question maintenant, c’est : dans lequel de ces trois mondes vivrez-vous ? Et vos enfants ?