Archives mensuelles : août 2015

Je ne suis pas une baba cool

Par Marion

DCF 1.0

On pourrait le penser en y regardant rapidement : je mange bio, je m’intéresse à l’environnement, à la permaculture et à la méditation… Mais il y a des raisons pour cela et elles me classent davantage dans la catégorie « geek concernée » que dans la famille new age ou dans le cercle des hippies en folie :

– J’ai UN corps, et bien que je suive attentivement les fulgurants progrès des nanotechnologies et de la robotique appliquées à la médecine, je ne visualise pas encore très bien comment, et à quel prix, tout cela va s’incorporer à mon existant. Donc en attendant, je fais attention.

– J’ai UN cerveau et pour autant que l’intelligence artificielle me permette prochainement d’en augmenter considérablement les capacités, je suis assez attachée à l’idée de ma liberté et de mon propre pouvoir sur mon système d’exploitation personnel.

WALL-E_plant1– J’ai UNE planète et même si nos programmes d’exploration spatiale laissent imaginer d’atteindre des exoplanètes habitables en à peine 5 millions d’années, pour le moment je dois faire avec celle-ci ; et donc, arrêter de tout saccager m’offrirait un cadre plus simple pour continuer à fabriquer le futur.

Ces considérations égoïstes sont renforcées par les obligations que j’ai envers mes enfants.

Je ne suis donc pas baba et je suis de moins en moins cool 🙂

Marion

Je porte plainte contre Nadine Morano.

MoranoExtraitBordeauxPar Vinvin

Pour quel délit je porte plainte ? J’ai trouvé plusieurs motifs et je travaille sérieusement avec un avocat actuellement pour définir le meilleur angle. Je vous donne l’état de nos recherches sur les motifs de plainte envisagés :

balibaris-mariniere-bleue-et-blanche-11– Atteinte à l’image de la marque France, par Nadine Morano.
Nadine Morano est députée Européenne, elle s’exprime donc régulièrement devant des députés étrangers qui assimilent logiquement sa parole à une parole Française. Il n’est pas pensable de laisser cette idée se répandre. Je refuse que des Suédois ou des Polonais imaginent un seul instant qu’en France on soit plus d’une personne à penser que les migrants feraient mieux de se battre plutôt que de fuir. Il n’est pas humainement raisonnable de laisser l’une de nos concitoyennes ridiculiser la marque France sous prétexte qu’elle peut le faire. Nous travaillons sérieusement à cette option.

– Exploitation frauduleuse du néant médiatique, par Nadine Morano.
Les médias zigzaguant sans conviction l’été entre les amours contrariés des stars et les nouvelles tendances de l’épilation du maillot, ils s’empressent de tendre des micros dès qu’un remplaçant de la politique souhaite faire croire qu’il travaille plutôt que de se dorer la rondelle à Ramatuelle. Ce piège grossier devrait être puni par la loi. Nous espérons créer la jurisprudence Morano qui interdirait à tous les douzièmes couteaux de parler dans un micro entre le 1er juillet et le 31 août.

Dumber Morano– Bêtise crasse et récidive de bêtise crasse, par Nadine Morano.
Au-delà de 3 preuves patentes d’absence d’intelligence dans une même phrase il est communément admis que l’on est en présence d’un manque cruel de capacités cérébrales. La personne ne le fait pas forcément exprès, elle est simplement limitée. Mais comme elle danse beaucoup dans les 3èmes mi-temps de meetings et les lip-dubs, il s’installe un consensus mou de pardon. Il n’est pas rare d’entendre alors des commentaires tels que « Elle est comme ça la Morano… » ou « Les mecs l’envoient dire des conneries pour occuper le terrain, elle n’y voit que du feu ». À la bêtise avérée s’ajoute le sentiment de malaise et de manipulation : ce n’est bon pour personne.

– Exploitation frauduleuse d’éléments historiques mal compris, par Nadine Morano.
Le problème quand on navigue dans un bain de connaissances de niveau 5ème, c’est qu’on voit le monde en coloriages, avec du noir pour les vilains-méchants et du rose pour les gentils-c’est-nous. On réagit à l’actualité comme un chimpanzé de laboratoire : les événements agissent comme des stimuli, « bon » ou « pas bon ». Du coup les tirades à références historiques apparaissent totalement inappropriées, comme sorties de nulle part, et deviennent désagréables pour tout le monde ; on a envie de lui dire « Arrête Nadine, tu ne connais pas, tu ne comprends pas, il y a trop de mots dont le sens t’échappe, oublie, c’est gênant je t’assure ! ». Nous espérons par ailleurs créer un précédent, interdisant aux personnalités politiques de se référer à un quelconque fait historique datant de plus de 6 mois.

gorce– Déficit chronique d’humanisme, par Nadine Morano.
On pourrait espérer d’une personnalité politique que son coeur batte à la vue de ces milliers de femmes et d’enfants qui crèvent comme des chiens jetés à la mer pour éviter de se faire violer, brûler ou décapiter. Mais non, dans le cas présent, nous assistons à l’expression d’une pensée de comptoir à la fois limitée dans ses arguments, fausse dans ses références, froide et vicieuse dans ses motivations. Nous n’osons pas, de surcroit, imaginer que Nadine Morano puisse simplement servir la soupe à une stratégie extrémiste qui lui accorderait quelques faveurs à l’avenir, à elle qui s’est fait publiquement pulvériser par ses amis décérébrés de l’UMP.

Donc, quand je dis que je porte plainte, pour le moment c’est une image christique. Je porte sur moi la plainte faite à l’intelligence et à la morale, j’endosse pour vous mes frères le poids d’un symbole, celui d’une démocratie malade qui laisse des benêts promouvoir à tous les coins de plateaux des pensées grasses et mal ficelées, mal documentées, mal motivées et pour finir d’une infinie tristesse humaine. Je porte le poids de ses péchés et je vous invite, à l’avenir, à revenir témoigner sur ce post à chaque fois que vous assisterez aux époustouflantes idioties de cette représentante du peuple.

Pour supporter ses fautes, je vous invite à réciter cette prière :

Je vous salue Nadine,
Pleine de crasse,
L’impudeur est avec vous.
Vous êtes baignée de propos infâmes et j’ai vu, le bruit de vos mitrailles est maudit.
Feinte Nadine, mots odieux, grillée pour nous vos électeurs,
Maintenant et jusqu’à l’heure de vos remords,
Amen.

Écrans contre Knacki Herta : la mort du temps long.

Par Vinvin.

Hier, mon fils (14 ans) a regardé « La liste de Shindler« . Il a dit que c’était pas mal mais que ça manquait d’action… Ma fille (12 ans) lit en ce moment « La gloire de mon père » ; j’ai constaté que le livre n’avait pas bougé depuis plus de trois jours. Etonnant pour elle qui dévore deux à trois livres par semaine depuis des années… Je lui ai donc demandé s’il y avait un souci avec ce livre. Elle m’a dit que « c’était mou, et même pas écrit si bien que ça… »

pecheurislandeIls sont nourris à un autre temps que le nôtre. Je le vois, je le sens. Et je ne sais pas si c’est grave. Moi qui suis de la génération Knacki Herta et des saucisses dans la rivière, j’ai l’impression d’avoir vécu la littérature du temps long. Le Grand Meaulnes, le Bal du Comte d’Orgel,  Premier de cordée, Vol de nuit, Pêcheurs d’Islande, puis Pagnol, Hugo, Chateaubriand, Baudelaire. Je ne dis pas que c’était mieux avant, mais j’ai l’impression d’avoir eu la possibilité d’accéder à des narrations lentes et poétiques. Le seul obstacle fut peut-être la télévision, mais il était assez simple de la rationner. J’ai l’impression qu’avec Internet et tous les écrans, l’influence de la génération jump-cut (montage saccadé), des clips, films et série américains sur-découpés, des musiques hyper rythmées (notons la renaissance du dubstep), les ados ne sont plus aptes, physiquement, à supporter le temps lent. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas, c’est qu’ils ne peuvent plus. Ce n’est pas un rejet, c’est une inadéquation avec le tempo. Elevés aux trois mille images secondes, leurs esprits sont calibrés différemment. Et encore une fois, je ne dis pas que c’était mieux avant, je n’en sais rien au fond, je m’interroge.

PONTIZERTESNous avons pourtant lu à nos enfants des histoires depuis qu’ils ont deux semaines ; notamment du Claude Ponti, génie méconnu, et qu’ils adorent encore (je vous les conseille TOUS si vous avez des enfants et cherchez des trucs à leur lire). On les a vraiment éduqués dans les récits. Mais aujourd’hui le Garçon aime surtout les films, les vidéos, la musique, et son truc c’est/ce sont les maths, la physique, les étoiles… La Fille, entre dix vidéos, quelques applis de jeux et des t’chats avec ses copines, lit de la SF et de la Fantasy en masse, imbattable en Divergente, Mortal Instruments et autres machins avec des elfes, des vampires, des mondes parallèles et de l’action. Avec elle, nous avons tenté d’incruster du Classique à intervalles réguliers, des Comtesse de Ségur, des Daudet, des Jules Verne… On a même fait un deal : lire un Classique tous les trois SF. Mais les Classiques rament comme des boeufs. Et nous aussi. J’ai beau penser et leur répéter qu’il y a dans les Classiques des trésors qu’ils ne soupçonnent pas, j’ai l’impression d’être mon grand-père me racontant la mobilisation de 39. Ils sont polis, ils me croient sur parole, mais ils retournent délicatement sur Instagram ou sur Youtube dans la minute qui suit et je reste comme un couillon avec mes Classiques et un sentiment de « compliqué »…

Je sais que j’ai sans doute provoqué les mêmes impressions à mes parents.
Et donc c’est à leur tour… Une génération chasse l’autre et s’en sort très bien.
Ou pas.
J’ai vu l’autre jour un film OVNI, « Idiocracy« . Un film dont la forme tutoie des sommets de nullité impressionnante, mais dont le fond continue de me faire réfléchir trois semaines plus tard. On y voit un monde, dans 500 ans, habité par nos descendants, tous complètement abrutis ; comme si la planète entière était une émission de télé-réalité du genre les Ch’tis à Ibiza. Une humanité devenue grasse, inculte et incapable même de cultiver une patate. Outrancier, certes, mais peut-être pas tant que ça. Ou alors ce film, et le post que vous êtes en train de lire, ne sont-ils simplement que l’expression désabusée d’un temps qui nous paraît perdu à jamais, celui de notre enfance et du barbecue de saucisses au bord de la rivière.

UPDATE : ma fille lisant ce post a souhaité préciser pourquoi elle préfère ses lectures : « Je préfère largement les livres de fantaisie ou de science-fiction parce qu’ils sont pour la plupart intemporels, qu’ils me donnent l’impression de m’envoler dans un autre univers. Les auteurs ont la complète liberté d’inventer un lieu, une époque ou même des créatures. Les classiques sont très bien mais ne me font pas rêver par rapport à mes livres. Ils sont figés dans le temps et ont forcement des héros humains .La gloire de mon père est surement très bien mais la vie d’un petit garçon qui va à la campagne n’est pour moi pas aussi intéressante qu’un monde de la nuit qui chasse des démons ou des créatures obscures. D’accord, les classiques pour la plupart sont mieux écrits que les livres de fantaisie que je lis mais ils sont moins vivants. »

Paysans : des vies sans star.

Par Marion

Reprendre la main sur ce que l’on mange. Ce que l’on mange nous constitue.

michel-guerard-poids-lourd-de-la-dietetique-en-aquitaine,M163386Depuis les années 80, la nourriture – ce que l’on mange et comment on le mange – est devenue l’objet de toutes les attentions et de toutes les médiatisations. J’ai notamment en mémoire Michel Guérard (photo), parmi les premiers à lancer sa cuisine minceur et une boutique place de la Madeleine à Paris. Les cuisiniers sont devenus peu à peu des stars internationales, passant de la cuisine au petit écran, en profitant pour générer de nombreux produits dérivés. Dans cette mouvance, les artisans de la gastronomie ont travaillé leur image et nous avons vu naitre des stars chez les bouchers, les fromagers, les traiteurs, etc. La nourriture inonde nos médias traditionnels et nos réseaux sociaux, le #Foodporn devenant même pour certains un bien meilleur moyen de briller en société que la mode !

AnaisDans cette chaine alimentaire, les seuls qui n’ont pas saisi à bras le corps cette vague de reconnaissance en sont le premier maillon, le maillon essentiel sans lequel rien ne se ferait : les paysans. Pourquoi nos paysans, à quelques très rares exceptions, n’ont-ils pas réussi à devenir des stars de la bouffe comme tous les autres ? Il y aurait pourtant des candidats « naturels », comme Jacques Abbatucci et sa vache tigre en Corse, Asafumi Yamashita et ses légumes extraordinaires ou encore Anaïs Kerhoas (photo) et ses plantes médicinales. Je suis triste que la majorité des paysans que l’on entend ne soit pas plus fière de ce qu’ils produisent. Quelle misère que leur seule médiatisation se passe autour d’amours pathétiques scénarisés sur fond de James Blunt ou de tonnes de fumier déversées devant des préfectures aux grilles fermées.

SAVOIR FAIRE BIEN ET BIEN FAIRE SAVOIR

Il y a, à la source de ce qui nous constitue, un savoir faire et un métier qui sont en train de s’enliser dans des normes, des quotas, des rendements. Et c’est pourtant, sans doute, le plus important de tous les métiers. Comment faire pour leur redonner envie de nous nourrir bien, mieux, avec plaisir et fierté ? Et que ça se sache.

Marion

Une pensée bio pour mes moines !

2boitesSeptFonsJe gardais le clebs à l’ombre pendant que le reste de la famille faisait les courses au supermarché. Je n’ai donc pas vu the Meuf choisir les produits qu’elle a glissés dans le caddy à l’insu de mon plein gré. C’est en rangeant les courses que j’ai découvert ça… (photo ci-contre)

AVInvin2BoitesSeptFonslors pour vous ce ne sont peut-être que deux boites de trucs chelous, mais pour moi ce sont des trésors. Si vous regardez bien, ce sont des boîtes qui proviennent de l’Abbaye de Sept-Fons. C’est dans cette abbaye au coeur de l’Allier que je vais chaque année depuis trois ans ; j’en avais parlé là lors de ma première déconnexion. J’écrirai un jour sur les bienfaits d’une retraite chez les moines, même quand on n’est pas en taquet en terme croyance. L’Abbaye de Sept-Fons est devenue pour moi une sorte de port d’attache, un lieu paisible qui existe quelque part et dont les pulsations me rassurent. Plus de 70 moines y vivent et y travaillent, produisant depuis près d’un siècle une vaste gamme d’excellentes choses, du miel, de la confiture, des biscuits et plein de trucs bizarres à base de machins qu’ils mettent dans tous les plats. Leur produit phare est la Germalyne, vous connaissez peut-être. Mes moines (je les appelle « mes moines » parce que ce sont mes moines) produisent du bio depuis quelques temps, pour se mettre aux goûts du jours. Alors ça m’a fait plaisir cette petite attention bio ! J’espère que mon ami le Frère E., qui gère la boutique, passera un jour sur ce blog pour lire cet article et constater que je pense à eux même dans mon assiette !

Soleil-Septfons

Il y aura trois mondes.

Par Vinvin

La technologie va tellement nous habiter qu’elle va disparaître… De notre vue.
C’est ce que je retire de la lecture de ces deux articles qui m’ont interpellés hier…
Le premier article raconte la passionnante aventure entrepreneuriale de Rand Hindi et le deuxième est une interview de Rafi Haladjian , inventeur en son temps de Nabaztag et créateur aujourd’hui de l’objet connecté-domotique Mother.

MOTHERSi j’ai bien tout compris à ces deux lectures, le monde qui s’annonce sera tellement connecté et simplifié que l’on ne s’apercevra plus de rien. Les données circuleront de façon indolore. L’intelligence embarquée se fera discrète pour ne rien nous imposer. Comme si la phase d’utilisation consciente et rébarbative des machines telle que nous la vivons aujourd’hui n’allait être qu’une étape intermédiaire qui nous paraîtra dans dix ans aussi archaïque qu’un vieux walkman Sony. Les objets redeviendront objets, une casserole sera casserole et une brosse à dents… Brosse à dents. Dans ce monde idyllique d’apparence « re-déconnecté », des milliards de données passeront de l’homme à l’objet et de l’objet à l’homme sans qu’on n’ait plus à se soucier du mode d’emploi, du système d’exploitation et de la puissance du processeur.

IL Y AURA TROIS MONDES.

Premier monde, la plus grande masse : les Connectés. Les connectés sont les utilisateurs bienheureux d’une technologie de plus en plus performante et discrète. Des humains protégés, à la vie simplifiée, accompagnés et servis avec intelligence, anticipation et précision. C’est nous tels que nous sommes aujourd’hui et tels que nous serons peu à peu, nous habituant à l’idée comme des grenouilles s’accoutumant à l’eau chaude dans la marmite… Les plus pauvres économiquement feront partie de ce premier monde, se connectant à crédit, grappillant comme ils pourront leur kit de survie « smartphone-voiture-domotique », pour ne pas se laisser distancer par la grande marche de l’humanité.

Elon-MuskDeuxième monde : les Concepteurs. Détenteurs de cette technologie, marionnettistes fortunés, ingénieurs savants, entrepreneurs que l’on dit de génie, visionnaires investis à qui l’on va confier notre confort. De plus en plus équipés en Intelligence Artificielle, baignés par la Biotechnologie et les Nanotechnologies, les Concepteurs vont devenir une caste à part entière : ceux qui comprennent et organisent le monde. Les Concepteurs compteront les points, les données et les dollars…

Et enfin le Troisième monde. Les Volontaires. Déconnectés par principe, résistants à l’immense matrice invisible et indolore, soucieux de préserver leur illusion de liberté, ils seront les fruits d’une rébellion philosophique revendiquée qui devra inexorablement se radicaliser. Car dans cette gigantesque carte à puce que va devenir notre humanité, une seule connexion sera suffisante pour entrer dans le système. Et comme personne ne vendra plus d’appareils déconnectés, il faudra réapprendre à se servir d’objets inanimés, sans doute se cacher des capteurs en tous genres, d’images, de sons, de parfums…Dans ce monde-là les casseroles seront juste des casseroles, les frigos seront vieux, froids et isolés, les voitures seront des vestiges carburant à l’huile frelatée et roulant sur des chemins de traverse inaccessibles en voiture sans chauffeur. Une liberté inconfortable, sans doute anachronique, jugée désuète et ridicule par l’ensemble du monde confortable. Les Volontaires ne feront peur à personne avec leurs arcs à flèches et leurs solex. Ils seront considérés comme les descendants des beatniks, des rêveurs, des attardés refusant le progrès.

3092036271_1_3_6jAVK0NYLa question maintenant, c’est : dans lequel de ces trois mondes vivrez-vous ? Et vos enfants ?

Réinventer le monde : la ruche.

Par Marion.

maya-l-abeille_3930102_2Les perles du crowdfunding.
Chaque jour des inventions d’un nouveau genre nous sont proposées : des innovations qui re-designent les usages, partent souvent d’un besoin ou d’une situation qui paraissaient éternellement figés et qui font soudain pétiller notre imagination en proposant de nouvelles solutions : elles réinventent le monde.
Le système du crowdfunding permet à certaines pépites de sortir du lot. Les fundeurs ne s’y trompent pas : quand les innovations sont réellement surprenantes, les sommes demandées sont en général dépassées en des temps records.

Pour commencer cette série « les perles du crowdfunding » (qui réinventent le monde), mon premier et plus grand coup de coeur : la Flow bee hive, la ruche Flow qui permet littéralement de consommer votre miel au robinet ! Aujourd’hui et depuis des siècles, le miel des abeilles domestiques est récolté dans des ruches qui abritent des cadres servant d’habitation aux abeilles. Pour récupérer le miel, il faut extraire les cadres, racler le miel et détruire du même coup les alvéoles : les abeilles doivent recommencer tout le processus à chaque récolte. C’est destructeur, c’est long… Et c’est stupide quand on y réfléchit bien : imaginez, si notre abeille était un vigneron, elle devrait détruire sa vigne, son tracteur et ses cuves à chaque vendange ! Les inventeurs de la Flow, après 10 ans de recherches, ont mis au point un procédé tellement simple qu’il en est bluffant (résultat, ils avaient demandé 70.000$ sur Indiegogo et ont obtenu 12.400.000$)

Les cadres de la Flow fournissent les alvéoles aux abeilles qui vont les garnir de miel.
Pour récolter ce miel, un tour de clé fait coulisser les alvéoles qui se séparent en deux, libérant le miel qui va s’écouler par un tuyau à l’extérieur de la ruche : un enfant peut le faire !
Un tour de clé inverse repositionne les alvéoles. Ce procédé est respectueux des abeilles, FACILE d’utilisation et grâce aux parois transparentes, on peut les voir travailler et admirer la progression incroyable de leur production de miel. C’est l’un des avantages, mais il y en a plein d’autres !

Une Flow sera bien sûr présente un jour dans notre jardin ! En tout cas je suis en négo…

Ci-dessous, encore un peu plus de magie…

Marion.

Je ne suis pas très optimiste quant à ces études qui disent que nous sommes pessimistes.

Reprendre la main sur la connerie.

ChatGueuleUne fois de plus les Français sont annoncés comme les plus pessimistes du monde.
C’est Rue89 qui rapporte cette étude du Pew Research Center.
Le Pew.
Research.
Center.
(Le Centre de Recherche du Banc d’église)

Ce think tank qui aide les entreprises et les gouvernements à prendre de meilleures décisions est installé à Washington, c’est une filiale de The Pew Charitable Trusts (les Confiances Bienfaisantes du Banc d’Eglise). The Pew emploie 130 personnes qui ont donc fait des études très sérieuses à bases de données récoltées partout dans le monde. À la fin de cette étude particulièrement intéressante, on apprend que dans notre pays, ils ne sont que 14% à avoir répondu qu’ils pensent que leurs enfants vivront mieux qu’eux.

Emerging Markets, Developing Nations Most Hopeful for Next Generation

072-recipe1C’est moins que le Nigéria dis donc ! Tu te rends compte ? Moins que dans un pays où il y a du terrorisme ! Nous sommes les derniers du classement de chez Pew ! Derrière l’Italie qui est à 15 alors qu’ils ont le Pape dans leurs murs et le Japon 18 alors qu’ils ont des California maki… Je ne te parle pas d’Israël qui, malgré un environnement très stressant, est à 51% ! Israël quoi !

– T’es pessimiste toi ?
– Moi ? Non, ça va.
– T’es dans les 14% alors…
– Je ne sais pas, ils ne m’ont rien demandé… Ils t’ont demandé à toi ?
– Non. Rien.
– Sans doute qu’ils ont demandé à des gens. J’espère…
– J’imagine que oui. Ils ont du demander à 1000 ou 2000 personnes qu’ils ont appelées depuis le bureau du Pew à Washington…
– Ou alors ils ont des bureaux ici.
– Et tu crois qu’ils ont des bureaux partout ? Genre en Palestine ? Ou en Tanzanie ?
– Non, je pense pas. Les mecs sont 130, ils n’ont sûrement pas de bureau en Tanzanie…
– Alors comment ils font pour savoir ?
– Je pense qu’ilStandards téléphonent…
(silence)
– Imagine que Mickael il est à Washington et qu’il téléphone à 1000 mecs en Palestine ?
– Ouais…
– Pour leur demander s’ils sont pessimistes ?
– Ouais…
– Bah dis donc, sale  boulot… Ou alors par Internet, c’est peut-être un questionnaire sur Facebook. L’autre jour j’en ai fait un pour savoir quel acteur j’étais, c’est peut-être ça…
– Et alors t’étais qui ?
– Bradley Cooper !
– Ah ouais… En tout cas moi je ne suis jamais sondé, c’est fou. Personne ne me demande jamais rien.
– T’es pas représentatif, c’est pour ça.
– Il n’y a que des gens pas représentatifs. C’est le total divisé par le nombre de gens pas représentatifs qui est représentatif.
– Ok mais si t’appelles 1000 personnes dans les quartiers nord de Marseille, tu crois que t’auras le même résultat représentatif que si t’appelles dans le Berry ?
– Je te dis qu’ils appellent de façon répartie. Ils panachent… Ils sont sérieux les américains.
– Tu crois qu’ils panachent depuis Washington ? Et qu’ils panachent aussi en Tanzanie ?
– Ils sont payés pour, c’est Pew quand même…
– En tout cas c’est ballot parce qu’à quelques réponses près on passait devant l’Italie et on aurait pas été derniers !
– On aurait dit « Les français sont avant-derniers… »
– Ouais du coup on aurait quand même eu l’air pessimistes…
– Ce qu’il faudrait c’est passer devant les anglais, comme ça on en parlerait plus… Ils sont à 25…
– Et nous on est à 14, ce qu’il faudrait c’est qu’on soit au moins 12 à répondre qu’on est optimiste comme ça on passerait à 26, et bim dans ta face le rosbeef !
– Oui mais 12% ça fait au moins 120 personnes sur 1000 interrogées par téléphone ou via Facebook. Et nous sommes 66 millions. Tu comprends bien le problème ?
– Et ouais, il faut qu’on trouve 120 personnes optimistes et demander à Pew de les rappeler.
– Et là hop, on devient un des pays les plus optimistes du monde.
– Juste avec 120 personnes…
– Et comme ça ils arrêteront de nous déprimer avec leurs articles qui disent qu’on est pessimiste.
– Ouais parce que si ça continue le monde entier va vraiment penser qu’on déprime alors que pas du tout…
– Ouais…
– C’est un coup à perdre notre triple A.
– On a encore notre triple A ?
– J’en sais rien. Faut demander à Pew.

Soleil-telephone