Avec le Grand Bullshit, ça va péter.

Par @Vinvin

BullshitHallOfFameLa rentrée se rapproche, le flux va reprendre, et avec lui le Grand Bullshit.

Mais cette année je l’attends de pied ferme. Je suis prêt. En alerte totale, DEFCON 12 ! J’ai lustré le radar anti-bullshit pendant l’été, j’ai décapé le moteur, poncé mes résistances, nettoyé le pare-brise de mes résignations : plus rien ne passe. Plus rien. C’est en train de modifier mon ADN, je le sens. Chaque coup porté par le mensonge régénère ma batterie anti-bullshit. J’ai même une antenne qui a poussé (et qui me gène un peu pour m’assoir), c’est une antenne qui sort quand un politique essaie de s’introduire dans mon fondement – pour rester poli -, et ça arrive de plus en plus souvent, je suis sûr que vous l’avez remarqué vous aussi. Je ne dis pas qu’ils essaient tous, mais certains sont clairement récidivistes. Comment ça se passe ? Je vois un tweet ou une déclaration d’un politique et hop, mon antenne sort et hop, bidibidibidi : ta gueule ! Je suis protégé l’espace de quelques heures, ça sert de bouclier…

Le problème, c’est que la protection est provisoire et qu’elle nourrit dans le même temps un vent de révolte. Alors je sais bien que nourrir un vent dans le fondement, ce n’est bon pour personne, et c’est bien là le problème. Nous sommes tous, mais tous, en état de fermentation profonde. Pas une conversation qui ne finisse pas par un « ça va péter » ! Et ça, c’est la faute du Grand Bullshit. Je file cette métaphore poétique parce que j’ai le sentiment qu’avec 2017 approchant, le Grand Bullshit va s’intensifier, prendre des dimensions bullshitesques qui feront passer Donald Trump pour un intellectuel et Eric Ciotti pour un humaniste, ou inversement. On va se marrer dans les chaumières à coups d’austérité par-ci, autorité par-là, assistant comme des bovins au passage du train médiatique, ruminant nos gaz méthane jusqu’à la prochaine fois, ballonnés et ballotés, victimes de notre impuissante clairvoyance. Il faut donc que nous, vous, #LesGens, continuions à parler, s’énerver, tenter des trucs, se liker les coudes et surtout partager les belles nouvelles idées.

Le Grand Bullshit doit être combattu, sinon ça va chier.

6 réflexions au sujet de « Avec le Grand Bullshit, ça va péter. »

  1. Il manque Sarkozy dans tes Bulshitteurs. Je suppose que tu le tiens en grand mépris, donc que tu ne juges pas bon de le faire apparaître… Parce que, sinon, dans le genre… Il est en tête d’escadrille !
    Oui, likons-nous les coudes ! Nous sommes vraiment un grand nombre, c’est ce qui doit nous rassurer mais nous devons agir à notre niveau et le faire savoir à la terre entière, puisque c’est possible de nos jours. Ils n’ont pas encore gagné. Au contraire, on sent comme un chant de cygnes… Des exemples de réussite, il y en a mais on en parle pas. Ou peu. Je pense à l’Islande qui a coincé les banques ou à l’Uruguay qui affiche une croissance positive grâce à des décisions politiques couillues.
    Si c’est un travail de sapeur, continuons de saper !

  2. Je dis oui ! une grand OUI !!! L’approche est la bonne, on ressent tous ça. Il faut trouver le moyen de changer les choses. Mais la tâche est plus que ardu, car les Bullshitters se reproduisent, c’est flippant de voir localement les bullshitters de demain, qui ont été choisis pour les mauvaises raisons et qui monteront l’échelle politique pour les mêmes mauvaises raisons, et se retrouveront un jour à la place nos Bullshitters actuels à faire la même m***e. Je pense que pour que l’avenir soit plus radieux il faut passer l’envie à ces jeunes cons, d’aller vers ça. La place est trop belle, il faut qu’ils souffrent plus, et là seuls les vrais iront !

  3. L’échelle DEFCON est inversée, pas progressive. DEFCON 5 = paix. DEFCON 1 = guerre. DEFCON 12, c’est donc le coma profond 🙂

  4. Révolution douce, ou soulevement populaire sanglant ? Tel est le dilemne. Car dans ce pays, tout le « système » est noyauté, verrouillé de l’intérieur. Donc je crains que la seconde option ne soit celle qui sera choisie…

    1. Je ne crois pas que le « soulèvement populaire sanglant » soit une solution. Pourquoi le serait-ce d’ailleurs dans une société qui se veut évoluée ? Les plus grands changements ne sont même pas politiques, ils sont culturels… La preuve en est avec l’impressionnante expansion de la culture américaine après la 2nde guerre mondiale et tout ça sans violence, juste avec des films, de la musique, des idées… (Du chewing-gum, des sodas et des hamburgers en plus !). On est donc bien, à mon sens, sur du travail d’échanges, de partages, de cohésion, de coopération, sur de la preuve face à l’inconsistance des propositions politiques (les hommes politiques pour la plupart – et leurs sbires technocrates pour la majorité – ne connaissant rien de la réalité de terrain, du quotidien, de ce qui est la vie des millions de gens).
      Et de l’engagement.

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