Mon plan pour la Révolution.

Par Vinvin

BarragesVoilà le plan : on parvient à réunir dans une même colère, et ça ne devrait pas être trop difficile, les routiers, les taxis, les pilotes de ligne et les agriculteurs. Avec ça déjà on est bien. On lance le blocus général le vendredi 11 décembre, un peu avant les courses de Noël, les départs en vacances, les touristes en masse et la joie du business. Pays bloqué. L’enfer ! Pour donner un peu de sexytude à l’ensemble, on réveille les étudiants ; ils sont jeunes et nerveux, ils crient dans tous les sens et ça leur fait sauter les partiels de fin de trimestre.

kendji-girac-19227La manif dure un jour, trois jours, huit jours… Le gouvernement est flippé, ça pue du cul. Avec leurs 8% de satisfaits dans les sondages, ils savent que s’ils bougent un oeil trop agressif, c’est la guerre. Nous, les gens sans tracteur ni avion, on commence à descendre dans la rue vers le 5ème jour, dans 10 plus grosses villes de France, en soutenant le mouvement parce que « ça suffit, c’est plus possible tout ça, y’en a marre » (ou tout autre slogan de votre initiative du moment que ça tient dans un Tweet. N’oubliez pas les mégaphones). Si des politiques essaient de se placer en tête de cortège avec des banderoles, on les ficèle et on les pose sur un char de la gay pride en queue de cortège avec du Kendji Girac dans les oreilles.

On ne tue personne ! C’est bien compris ? Bon. Je continue.

À Paris on gueule très fort et on squatte les rues stratégiques : Champs-Elysées, Saint-Germain, La Tour Maubeuge, Hoche, Foch, Mozart, Kléber, Opéra, Batignolles. Laissez tomber Nation, Bastille et République, ils s’en foutent, ce n’est pas là qu’ils habitent ! On bloque, on squatte, on fait des méchouis géants et on s’installe dans un énorme mouvement de contestation sans précédent. Le gouvernement est pris de toutes parts, PERSONNE ne lâchera ! On se relaie, on tourne, on se soutient les uns les autres. Et on ne bougera pas tant que…

BREAKING NEWS. ALERTE RÉVOLUTION.

larcher_gerard86034e« Il est 18h20 vous êtes en direct de BFMtv, nous suivons bien sûr toute la journée les événements du BG, le Blocus Général, avec nos envoyés spéciaux qui sont mobilisés dans les 10 villes paralysées depuis maintenant 13 jours. Je vous rappelle que cet après-midi François Hollande et le Gouvernement dans son ensemble ont démissionné. Et nous vous l’annonçons ce soir en exclusivité sur BFMtv, à 18h21, c’est donc Gérard Larcher, le Président du Sénat, qui assure l’Intérim en attendant que les différentes organisations du B.G. s’organisent. Parmi les revendications entendues lors du dernier grand méchoui républicain, les principales sont de dissoudre l’Assemblée et de modifier la Constitution. La difficulté de telles revendications est que, selon cette constitution elle-même, le Président du Sénat n’a pas le pouvoir, ni de dissoudre l’Assemblée, ni de modifier la Constitution. Il faudrait donc que le Président du Sénat décide de… Attendez je regarde mes fiches car, nous sommes en direct sur BFMtv je vous le rappelle, jamais on a vécu une situation pareille, n’est-ce pas Christophe Barbier ? »

barbier« En effet Michel, jamais, jamais depuis que la 5ème République a été mise en place nous n’avions rencontré une telle situation. Un Président démissionnaire, un gouvernement démissionnaire, un Président du Sénat dont les pouvoirs sont inadaptés à une réforme de fond. La seule solution pour sortir la France de ce dramatique blocus, serait la tenue de nouvelles élections. Élections qui permettraient alors un changement profond de la constitution, sans doute l’instauration d’une VIème République, et un retour au calme. Le problème Michel, et c’est là tout l’enjeu, c’est que le Blocus Général qui est né dans la protestation n’a pas encore accouché d’un leader naturel évident. On le voit bien, les organisations en place commencent déjà à montrer des désaccords profonds quant à la suite à donner au mouvement. Je prends l’exemple du Blocus de Nantes où des agriculteurs et des routiers se sont affrontés violemment ce matin, on nous parle même de blessés graves… La question que l’on doit se poser maintenant est la suivante : une révolution, d’accord, mais pour quoi faire ? Sans doute aurait-il fallu y penser avant…. »

Merci Christophe Barbier. Je vous le rappelle si vous venez de prendre l’antenne, le Blocus Général s’intensifie tandis que tout le gouvernement a démissionné et c’est Gérard Larcher qui est désormais à la tête du pays. Restez avec nous, on se retrouve après quelques messages publicitaires, la météo et le journal des sports.

6 réflexions au sujet de « Mon plan pour la Révolution. »

  1. Enfin les Français pourrais retrouver le moral
    Nous en avons marre de cette équipe de pingouins bon un rien
    Nous en avons marre de tous ces interdits , de toutes ces décisions à l’emporte-pièce qui nous mènent à rien et nulle part
    Et il faudrait que nous ayons le moral
    Oui nous l’aurons quand nous vous aurons chassé du pouvoir
    Allez les jeunes faites la révolution
    Le pape François vous en a donné l’autorisation

  2. « Si des politiques essaient de se placer en tête de cortège avec des banderoles, on les ficèle et on les pose sur un char de la gay pride en queue de cortège avec du Kendji Girac dans les oreilles »

    T’y vas un peu fort là… on n’en veut de tes vilains politiciens sur nos chars nous…. ^^
    (T’aurais dis Mylène Farmer au lieu de Kendji Girac, à la limite tu te serais rapproché de la vérité mais là…)

  3. « … et le journal des sports. »… !!!
    Oui, parce qu’enfin, la Ligue 1 qui continue, c’est quand même ça le plus important !! 😉

  4. La question des femmes aussi faisait partie de la proposition philosophique de la revolution. Une conscience nouvelle s’est creee autour des droits des femmes, de leur place dans la societe. Mais cela n’a pas change fondamentalement l’equilibre du pouvoir dans la societe. Il existe une conscience de la necessite de lutter pour le pouvoir, pour obtenir cette nouvelle place, mais elle n’est pas en mesure de peser significativement sur la situation actuelle. Celle-ci n’a pas seulement des racines de genre, mais aussi des racines sociales et economiques tres fortes qui limitent le role des femmes et les maintiennent dans une situation de subordination.

  5. Lorsque j ai fait part de mes idees a Mahitab et a d autres activistes de longue date, ils les ont accueillies avec enthousiasme. Nous avons rassemble le reseau de militants que nous avions construit en plus de dix ans de protestations et nous leur avons explique le plan. Ensuite, nous avons demande a chacun d en parler autour de lui et de trouver davantage de volontaires pour organiser des rassemblements.

Les commentaires sont fermés.