Archives mensuelles : août 2015

Être gentil jusqu’au moment de ne plus l’être…

Par @Vinvin

Avant c’était plus simple. Il y avait les méchants et les gentils.

FourgonLes gentils étaient protégés par la police et par l’armée. Les méchants étaient faciles à reconnaître, ils avaient un uniforme allemand ou des costards à la Audiard. En cas de pépin, les gentils appelaient soit la police qui arrivait en fourgonnette de boulanger itinérant, soit l’armée qui se retrouvait encerclée. Les gentils se planquaient en attendant des jours meilleurs – ça sert à ça les gentils. Quand les soldats gagnaient, grâce à des héros américains et des résistants communistes-mais-pas-que, les gentils les embrassaient et on dansait toute la nuit en mâchant des chewing-gums.

Telephone rougeEnsuite sont arrivés les combats froids. Une guerre d’intimidation à base de j’en-ai-une-plus-grosse-que-toi et si tu dépasses la frontière je te fais un Hiroshima pour toi tout seul. Planque tes missiles abruti, tout le monde t’as vu mon cochon, il n’y a pas de Baie qui tienne : détente ! Les murs tombant, la guerre s’est réchauffée et chacun a pu garder les moutons ensemble en faisant prospérer le petit commerce. Pendant quelques temps la pistole est restée en haut du placard, pour bien profiter des Glorieuses et faire péter la carte bleue.

Et puis un jour, il faudrait retrouver où et quand, la matrice est devenue floue… Le méchant s’est dilué, il a muté, il s’est glissé en intraveineuse. Aujourd’hui il est partout ; et nulle part. Il frappe par petites touches, qui d’un dessinateur de presse, qui d’une reporter en direct, d’un wagon, d’une école d’adolescentes, d’un lycée, d’un cinéma, d’un marathon, d’un musée, d’une mosquée, d’une synagogue ou d’une église, qui de quoi mais ou et donc or ni car. Il est noir, blanc, jaune ou vert, athée ou croyant, mais il a un flingue, une caméra et une page Youtube. Le mytho-mégalo-psychopathe a vu tous les films et il s’est vu dedans. Tout seul, il met le monde à ses pieds le temps d’un selfie et d’un JT, avant de se faire broyer dans l’oubli comme Mickael Vandetta.

marqueyssac_bastionDu coup quand t’es un gentil con-con, comme 90% de la planète, tu appelles qui ? Un drone ? Le drone c’est sympa, ça vole en stationnaire et ça filme les plus beaux jardins de France pour Stéphane Berne. En revanche, le drone que tu as acheté 90€ chez Auchan à Noël il s’est écrasé sur le toit une heure après l’avoir sorti de sa boîte. Sinon, pour les drones de guerre, ils marchent pas mal pour buter du Taliban récalcitrant, mais ils sont nuls pour l’intérieur des musées, rapport à la hauteur sous plafond.

Ça laisse comme une impression d’impuissance, un petit goût amer, une sorte de voile sur un bonheur possible, car oui, le bonheur est possible ! (si l’on considère qu’il n’y a pas de crise financière, ni morale, ni politique, ni religieuse, ni sociale, ni rien. Les indicateurs sont aux verts parait-il, pendant que les dépressifs sont au rouge. Hips). J’en étais où ? Ah oui, les gentils et les méchants. Solution ! On renforce la surveillance. Grâce aux renseignements, la prochaine fois qu’un mec qui s’appelle Flanagan envoie un fax de 20 pages quelque part on l’oblige à lire un roman de James Joyce, en anglais dans le texte, assis sur le crâne d’Eric Ciotti préalablement enduit de vaseline Morano, la vaseline qu’il vous faut. Ça ne le tuera pas (le méchant) mais on gagnera du temps… Mais je sens que je m’égare.

Trêve de plaisanterie ! Hier avec le coup de ces morts en direct, comme tout humain normal je me suis une fois de plus demandé comment on en était arrivé là… À chaque fois je me dis qu’on a atteint les limites, et une semaine plus tard elles sont à nouveau franchies. Le méchant tape comme la foudre en forêt, ici ou là (comment savoir ?), et il te le raconte en live avec sa tête de noeud. Il te prend à témoin et tu n’as pas d’autre choix que de le supporter, sauf à couper toute liaison avec le temps réel. Après tu l’évacues par tous les pores de ton corps, mais le mal est fait. Il va falloir vivre avec ça, une peur permanente, une trouille statistique, c’est comme l’Euromillions mais avec la mort au bout, même si t’as pas envie de jouer…

suricateContre cette roulette russe grandeur mondiale, en ces temps d’héroïsation des héros héroïques, on nous invite à nous responsabiliser. Ouvre les yeux petit scarabée, renifle le parfum de dynamite, écoute le bruit d’un chargeur qui s’enraie, reconnais le sac de contrebande, dénonce le voisin trop bruyant… Je taquine mais il y a un truc quand même… Il va peut-être falloir vivre autrement, en réapprenant les bases de la survie, trop longtemps déléguées à la police et à l’armée ? Ne plus se contenter de se figer devant le JT, mais refaire appel à nos réflexes reptiliens ? Se réarmer, et je ne parle pas des armes à feu mais de notre capacité à sentir, anticiper, esquiver, fuir au lieu de combattre et inversement…  Est-ce une régression de notre humanité ? Une défaite de la pensée des Lumières ? Un juste retour des choses ? Un cycle ? Une étape ou un nouveau départ ? La ré-acquisition d’une certaine autonomie dans la survie trop longtemps déléguée ? Je n’en sais rien et ça me fait peur.

Pour aller plus loin dans ces questionnements, j’ai décidé d’aller discuter très sérieusement avec un spécialiste de la self défense et bien plus que cela, un type qui a bossé en espaces très secrets secrets, qui forme des mecs qui forment des mecs qui forment des machines de combat, une sorte de Jedi. Je suis en cours de discussion avec lui car je n’en resterai pas là sur ce sujet qui m’intrigue et me passionne. On se fera un Hangout tous ensemble si ça vous branche, pour discuter sérieusement de ces histoires de sécurité, d’héroïsme, de préparation, d’armes ou pas d’armes, de comment vivre en paix dans un monde si violent… Je vous tiens au jus.

J’ai l’impression que si nous, les con-cons, ne reprenons pas la main, on n’a pas fini de commencer.

Musique de film, symphonie, larmes d’émotion, canette de bière.

Amuse ta famille ! Trouve un nouveau nom à la permaculture.

Par Marion

une-perruque-chienPermaculture : kézako ?

La permaculture est née dans les années 70. C’est une philosophie de vie. Ou plutôt une façon d’agir dont l’application la plus connue concerne l’agriculture durable. Ne partez pas ! Je vous assure c’est passionnant ! Permaculture, c’est la contraction de « permanent culture » (en anglais), de culture permanente. À ce stade vous vous demandez quel est le rapport avec le chien à perruque ? Aucun, c’est juste pour garder votre attention quelques secondes de plus. Je fais ce que je peux.
David Holmgren, le créateur de la permaculture (avec Bill Mollison) la définit ainsi :
« La permaculture est un système de conception basé sur une éthique et des principes qu’on peut utiliser pour concevoir, mettre en place, gérer et améliorer toutes sortes d’initiatives individuelles, familiales, et collectives en vue d’un avenir durable. »

0b6125feLe but est donc de :
– diminuer l’effort pour l’être humain en augmentant la productivité
– améliorer l’utilisation de l’énergie sous toutes ses formes (les déchets doivent devenir des ressources)
– travailler en coopération avec la nature (et non contre elle) en prenant modèle sur elle (épuration par les plantes par exemple)

L’attention est aussi portée sur la durabilité d’un système, sa non dangerosité pour nous et les générations futures mais aussi sur sa robustesse (résilience) face aux aléas de la vie (climat, maladies,…). Le type à droite c’est énorme, je sais…

Cela fait donc près de 45 ans que la permaculture existe dans le monde entier et elle commence seulement maintenant à devenir « populaire ». Une piste pour expliquer la lenteur de sa popularité, pourrait résider dans le terme « permaculture » lui-même.

cohabitation-chiot-chien-03Monsieur Vinvin ne cesse de me dire que « c’est pourri comme mot ». Il dit que c’est « chelou », que « c’est un mélange de permafrost et d’agriculture, et que ça donne pas très envie… ». Il le dit avec ses mots mais tous les gens avec qui j’aborde le sujet sont globalement d’accord pour dire que ce mot n’est pas terrible. Or, on dit que nommer une chose la fait exister. Mais comment faire pour changer le nom d’une philosophie qui existe depuis si longtemps, dans tant de pays, et qui commence à peine à être populaire ?
Est-ce trop tard ? Et si on s’amusait à trouver mieux… (trop mimi ce petit chien) ?

Appel à cogitation. Et si on trouvait un nom sexy et compréhensible pour la permaculture ?
N’hésitez pas à laisser vos suggestions, ici ou sur Facebook. Merci pour eux.

Ces héros de comptoir qui savent ce qu’ils auraient fait…

Par @Vinvin

Thalys rijtuig 3_13_23Vous êtes assis à votre siège, coincé par votre voisine qui regarde un film, vous entendez derrière des « clic, clic, clic », des cris, des bruits bizarres… Il s’est déjà passé trois, quatre secondes, et puis quelqu’un court, vous ne savez pas pourquoi, puis encore des cris et des peurs, dans différentes langues, vous vous levez vaguement mais autour de vous des gens se baissent, ils ont peut-être raison, et des bris de verre, des clic, clic encore, des cris, – dix secondes -, vous vous décidez à vous lever et là le train s’arrête, quelqu’un a brisé la glace, en se blessant peut-être. Vous apercevez un type bizarre et un autre qui court vers lui, et des coups. Il s’est écoulé quinze secondes, peut-être vingt, pendant lesquelles ce que vous avez pensé dépend de :
– Si vous êtes seul ou en famille,
– Si vous êtes à une place depuis laquelle vous pouvez vous extirper,
– Si vous vous sentez physiquement capable d’affronter un ou plusieurs hommes armés (les images de Charlie vous hantent encore et pendant ces quelques secondes ce sont plutôt les images de cadavres qui vous reviennent),
– Si vous avez des notions de ju-jitsu,
– Et même si vous en avez, ça ne vous prépare pas à une Kalachnikov, à moins d’être à un mètre en face à face avec une arme en plastique et dans un gymnase,
Des gens passent et vous vous demandez s’ils fuient ou s’ils sont blessés,
– Si vous comprenez bien les cris qu’on entend,
– Si vous pouvez réunir du monde avec vous,
– S’ils sont nombreux ?
– S’ils coupent les têtes, lâchent des bombes et brûlent des femmes ?
Votre pouls s’accélère, vous avez peur, très très peur,
– Si votre fils vous attend à la gare ?
– Si on ne va pas attendre un peu pour voir ce qui se passe, prendre le temps d’analyser parce que là ça va trop vite ?

chronoVous vous levez enfin, enjambez votre voisine, – vingt-cinq secondes -, vous courrez vers le fond du wagon et voyez des types au sol, vous êtes juste derrière des gars solides qui tiennent un mec torse nu, il y a du sang partout, vous étiez juste à quelques mètres, quelques secondes, vous auriez pu bouger, c’est allé tellement vite… On entend des gens pour dire que la situation semble sous contrôle.

Il s’est passé vingt-secondes au choeur du chaos ; comme tout le monde, vous étiez paralysé dans la méconnaissance de ce genre de situation que vous n’avez jamais vécue. Parce que jamais personne ne s’est retrouvé dans un Thalys dans lequel un type tire à la Kalachnikov, et donc il n’y a aucun livre, aucun repère sur ce sujet dont vous ignorez tout : vous ne savez pas, vous n’êtes rien. La peur totale et solitaire, et des bruits sourds qui flottent. Et les héros ? Des types qui avaient un panel de données très différentes, un angle de vue, une position dans la scène, un âge, une force, une cohésion amicale, des informations et des expériences plus précises (retour d’Afghanistan, pas un poste de commercial dans la banque comme vous), une opportunité sans doute, et qui ont transformé ce minimum de temps en une action presque mécanique, comme vous l’auriez d’ailleurs peut-être fait si vous vous étiez retrouvé quatre rangs plus en arrière, à la sortie des toilettes, avec vingt ans de moins, personne à vos côtés, des chaussures sans lacet ou un slip kangourou, que sais-je.
SeagalComment savoir quelle personne vous êtes dans des conditions extrêmes, dans l’urgence absolue ? C’est impossible. C’est juste impossible. Au milieu du chaos les sens partent en sucette, les repères sont brouillés, les décisions se prennent en un dixième de seconde, un battement de coeur qui ne vous appartient plus. Dans le chaos instantané, les « héros » sont mus par une pulsion qui est la synthèse exceptionnelle de ce qu’ils sont, de ce qu’ils ont vécu, des informations qu’ils ont et d’un espace de réaction infime qui se présente à eux. Certains moins solides se baissent en se cachant la tête dans leurs mains, parce qu’à cet instant, en ce dixième de seconde, la somme de leurs données les tétanise plutôt que les met en mouvement ; et d’autres foncent tête baissée et deviennent des héros quand ça tourne bien (merci encore les gars !), des cercueils dans le cas contraire.

Ce que j’aurais fait moi ? Aucune idée. Et je suis toujours épaté par ceux qui savent avec tant de certitude qui sont les lâches et les courageux ; et surtout qui savent avec aplomb comment ils auraient réagi en pareille circonstance. Fascinant.

Coup de gueule de Jean-Michel Planche : à lire.

Par @Vinvin

Au hasard des lectures numériques, parfois on tombe sur une écriture et une pensée qui résonnent avec la vôtre. Dans le cas présent, Jean-Michel Planche réagit dans son article à un article du Business Insider qui relaie la philosophie éducative dans la Valley, préparant les étudiants à « être à la demande »

Je vous pose ici le début de l’article, la suite est sur son blog.

Be on demand …

« Be on demand » … bien sûr on parle d’éducation « on demand », bien sûr …
Et quand je parle d’éducation, je parle d’un apprentissage directement utile pour les sociétés « clientes mentionnées ». (je vous laisse deviner et à défaut lire l’article et chercher)

Il est des fois où je crois que je rêve … mais non. Oser écrire des choses comme cela est déjà grave, mais AUCUNE réaction de la « société civile », engluée dans des fin de mois difficiles pour beaucoup et même dans des débuts de mois difficiles pour d’autres.

Vous allez me dire, mais quel est le problème ? fournir un « job » à « tout plein » de gens, c’est formidable non ?
Et puis ça n’est pas nouveau, depuis l’irruption des entreprises dans le monde éducatif, jusqu’à des programmes comme « tous codeurs », on y est.
On apprend pas à ANALYSER ET PROGRAMMER, mais à coder. On n’apprend pas le sens, l’histoire, le pourquoi, mais à être (si possible) efficace en « dot Net ».
On n’apprend pas les sciences que l’on dit « molles« , on formate à coup d’équations et de « dur ». On apprend pas à penser, mais à résoudre, comme des machines. A ce jeu, serons nous toujours les plus efficaces ?

D’un coté, vous me direz que l’on passe d’un SAVOIR, à un SAVOIR FAIRE et que c’est déjà pas si mal non ? … surtout si cela permet d’avoir un petit « job » peinard, pour subvenir à ses besoin … Et bien non. Je vous dirais que je n’aime pas ce monde que l’on nous dessine formate. (…) La suite est ici.

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Cette illustration et d’autres, ici, trouvées grâce au Twitter de Jean-Michel Planque.

Avec le Grand Bullshit, ça va péter.

Par @Vinvin

BullshitHallOfFameLa rentrée se rapproche, le flux va reprendre, et avec lui le Grand Bullshit.

Mais cette année je l’attends de pied ferme. Je suis prêt. En alerte totale, DEFCON 12 ! J’ai lustré le radar anti-bullshit pendant l’été, j’ai décapé le moteur, poncé mes résistances, nettoyé le pare-brise de mes résignations : plus rien ne passe. Plus rien. C’est en train de modifier mon ADN, je le sens. Chaque coup porté par le mensonge régénère ma batterie anti-bullshit. J’ai même une antenne qui a poussé (et qui me gène un peu pour m’assoir), c’est une antenne qui sort quand un politique essaie de s’introduire dans mon fondement – pour rester poli -, et ça arrive de plus en plus souvent, je suis sûr que vous l’avez remarqué vous aussi. Je ne dis pas qu’ils essaient tous, mais certains sont clairement récidivistes. Comment ça se passe ? Je vois un tweet ou une déclaration d’un politique et hop, mon antenne sort et hop, bidibidibidi : ta gueule ! Je suis protégé l’espace de quelques heures, ça sert de bouclier…

Le problème, c’est que la protection est provisoire et qu’elle nourrit dans le même temps un vent de révolte. Alors je sais bien que nourrir un vent dans le fondement, ce n’est bon pour personne, et c’est bien là le problème. Nous sommes tous, mais tous, en état de fermentation profonde. Pas une conversation qui ne finisse pas par un « ça va péter » ! Et ça, c’est la faute du Grand Bullshit. Je file cette métaphore poétique parce que j’ai le sentiment qu’avec 2017 approchant, le Grand Bullshit va s’intensifier, prendre des dimensions bullshitesques qui feront passer Donald Trump pour un intellectuel et Eric Ciotti pour un humaniste, ou inversement. On va se marrer dans les chaumières à coups d’austérité par-ci, autorité par-là, assistant comme des bovins au passage du train médiatique, ruminant nos gaz méthane jusqu’à la prochaine fois, ballonnés et ballotés, victimes de notre impuissante clairvoyance. Il faut donc que nous, vous, #LesGens, continuions à parler, s’énerver, tenter des trucs, se liker les coudes et surtout partager les belles nouvelles idées.

Le Grand Bullshit doit être combattu, sinon ça va chier.

Avons-nous besoin d’un chef ? La candidature de Lessig me laisse perplexe…

Par @Vinvin

La candidature de Lawrence Lessig à la présidence américaine apporte une bouffée d’oxygène dans le système vérolé du pouvoir américain, et le nôtre par ricochet. J’aurais voulu filer 20 balles pour l’encourager, mais sa course est réservée aux US citizens, ce qu’on peut comprendre, à regret. Cette candidature brillante sur le papier ne cesse cependant de me faire réfléchir et j’avoue que les doutes m’habitent.

LessigMon plus gros doute tient à son renoncement annoncé.
Lessig prévient qu’il restera le temps nécessaire pour mener à bien sa réforme du système électoral, et ça c’est cool ; ensuite il partira pour laisser le mandat à son vice-président. Et ça c’est moins cool. J’ai bien compris la puissance symbolique d’un tel geste, qu’il explique lui-même d’ailleurs : « Cette campagne ne porte pas sur un individu, mais sur un principe. Un principe américain que nous devons retrouver, selon lequel nous sommes tous égaux, et que notre démocratie doit tous nous respecter en tant qu’égaux ». Ok. Pigé. Mais quand même.

Il y a au fond de nous, me semble-t-il, le besoin profond et presque animal de suivre quelqu’un. Quelqu’un de bien, quelqu’un en qui on a confiance. Voter pour un principe, c’est beau, c’est intelligent mais c’est conceptuel. Et j’ai bien peur que le conceptuel ne satisfasse pas le besoin de délégation. Je me trompe peut-être, mais j’ai rencontré tellement de gens qui ne souhaitaient pas s’impliquer, ni prendre de risques, ni manager, mais simplement vivre correctement -et c’est déjà pas mal- en faisant leur travail s’ils en ont, s’occuper de leurs proches et laisser les grandes manoeuvres à ceux qui veulent, savent et le disent. Et même si le système des républiques monarchiques a atteint ses limites, je crois que #LesGens attendent toujours et inlassablement un chef. Une personne humaine, pas un concept. Un candidat avec un visage, de la chair, un passé et des visions ; quelqu’un avec des principes, certes, mais surtout une volonté, une envie, une énergie et une expérience qui les RASSURENT. #LesGens auront-ils envie de donner leur pouvoir à quelqu’un qui ne le souhaite pas vraiment ? Feront-ils l’effort de comprendre la portée de son Idée brillante et généreuse ? Je ne sais pas…

D’autant que, dans son projet, Lessig laisse sa place à son vice-président. Ce qui ne fait que décaler le problème : au bout du compte il va falloir se projeter de manière schizophrène : voter pour l’Un en pensant à ce que sera l’Autre, plus tard (et l’on ne sait même pas quand). Délicat.

desertVoteras-tu pour Ibrahimovic si tu sais qu’après les qualifications c’est Gourcuff qui reprendra le poste ?

Alors on aurait envie de lui dire : « Mec, si tu es quelqu’un de bien, et visiblement tu es quelqu’un de bien, sois sympa, va au bout, affronte ton destin, n’aie pas peur, on a bien compris que tu ne voulais pas donner l’impression de vouloir être Président mais merde, si tu fais un super boulot pour la réforme électorale, pourquoi tu ne resterais pas un peu plus pour influencer les autres grands sujets ? C’est possible mec ! On bossera sur une nouvelle démocratie plus directe, tu n’auras pas à te corrompre et nous serons actifs, on sera là l’ami !… ».

Mais ce n’est pas l’histoire qu’il a choisie. J’ai donc peur que le projet de Lessig se heurte à sa beauté conceptuelle ; que le « professeur de Harvard » paie le prix d’un projet intellectuel merveilleux mais déconnecté des attentes naturelles du peuple, au sens noble. Sans doute souhaite-t-il faire progresser son sujet en ayant au moins réussi à faire bouger les lignes, espérant j’imagine, fort de son million de dollars obtenu et de son écho médiatique, imposer au candidat élu de s’engager sur quelques points. C’est sans doute cela son plan et ce n’est pas si mal ; mais ça laisse un goût de trop peu. Je rêve qu’un Lessig puissance 10 vienne bousculer davantage le système.

Le changer plutôt que le réparer. Pour cela il faut un Humain sur-motivé, pas juste un Principe.

Me goure-je ?

Je suis de gauche ou de droite ?

Je vais devenir cinglé avec cette question sans queue ni tête.
Je suis né dans un cocon de droite. Banlieue ouest. Catholique. Baptisé et dérivés.
Pas d’excès mais de quoi vivre comme il faut, étudier dans de bonnes écoles, jouer au tennis et partir en voyage linguistique à Folkstone.
BarreJ’ai baigné dans un jus de droite, RPR classique, libéral sympa.
En 81, j’avais onze ans, j’ai vu mes proches et leurs amis s’effondrer en voyant apparaître le visage pixelisé de Mitterrand. Les chars soviétiques n’étaient pas loin.
En 88 c’est la première fois que je votais, je me suis révolté, j’ai opté pour Raymond Barre. Oui je sais, je suis un vrai punk ! Je tractais sur la place du marché à Garches, c’était intense comme une partie de bridge un week-end de Toussaint.

Mais j’aimais bien le bonhomme…
Et puis je me suis mis à réfléchir tout seul ; hors des sentiers religieux tout d’abord, et hors des évidences libérales ensuite. Comme quoi il est plus simple de se libérer d’un dieu que d’un courant de pensée politique.

isoloirEn grandissant je me suis mis à penser à des trucs révolutionnaires comme la fraternité, la justice, l’inégalité des chances, le pas de bol de certains, les magouilles des autres, l’éternel pouvoir de l’argent méchant contre l’éternelle misère des plus faibles. Mais toujours en vivant à l’ouest, avec mes familles libérales et mes amis dans la finance. Discrètement, je me suis mis à voter des trucs chelous, des machins verts, des machins roses, des listes dissidentes ; je profitais des premiers tours des élections locales ou moins locales pour m’encanailler sur des listes interdites, un peu comme si j’allais aux putes en cachette. Au deuxième tour je revenais dans le rang, parce que je n’avais pas le choix. Parce qu’à la fin de toutes les élections, toujours (ou presque) depuis Néandertal, il a fallu choisir entre gauche et droite. Et depuis la défaite de Raymond Barre, je refuse d’être centriste, j’ai besoin de radicalité. On ne peut pas être radical du centre, c’est quantique.

Alors ? De gauche ou de droite ?

Je vois chez mes amis, à droite comme à gauche, des gens qui se ressemblent. Radicaux. Excessifs parfois, ils sont pourtant sincères dans leurs idées, capables d’argumenter et d’écouter. Ils ont comme désir commun la justice et le bonheur pour tous. Personne de mes amis de droite ne se réjouit du chômage, de la misère et des inégalités.
fraterniteTous aimeraient pouvoir changer le cours des choses. Personne de mes amis de gauche ne voudrait buter mes amis de droite, bien que ça les démange philosophiquement. Tous sont effondrés par cette gauche molle de centre droit, par cette droite dure qui pointe, par cette gauche radicale qui s’enlise. Je vois chez mes amis de tous bords une sorte de tronc commun impalpable mais réel, proche du ras-le-bol, de l’envie de révolte, pour ne pas dire plus. Je sens un besoin de respect, d’intelligence, de bon sens. Le tout teinté de préoccupations écologistes raisonnables, de plus en plus. Il existe, j’en suis sûr, un tronc commun qui n’est pas un centre mou et consensuel.

Ce tronc commun n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre : il existe « virtuellement » mais n’a pas de forme humaine. C’est un courant qui flotte dans l’atmosphère, une troisième dimension, une ligne multiple qui part de l’ancien et se projette dans l’avenir, le numérique, le partage, le réseau, le savoir, la simplicité, l’intelligence, au service de l’Humain, et pas seulement de quelques humains. Je crois que je ne rêve pas. Il me semble que c’est en train d’arriver.

Vous voyez ce que je veux dire ou pas ?

Mon plan pour la Révolution.

Par Vinvin

BarragesVoilà le plan : on parvient à réunir dans une même colère, et ça ne devrait pas être trop difficile, les routiers, les taxis, les pilotes de ligne et les agriculteurs. Avec ça déjà on est bien. On lance le blocus général le vendredi 11 décembre, un peu avant les courses de Noël, les départs en vacances, les touristes en masse et la joie du business. Pays bloqué. L’enfer ! Pour donner un peu de sexytude à l’ensemble, on réveille les étudiants ; ils sont jeunes et nerveux, ils crient dans tous les sens et ça leur fait sauter les partiels de fin de trimestre.

kendji-girac-19227La manif dure un jour, trois jours, huit jours… Le gouvernement est flippé, ça pue du cul. Avec leurs 8% de satisfaits dans les sondages, ils savent que s’ils bougent un oeil trop agressif, c’est la guerre. Nous, les gens sans tracteur ni avion, on commence à descendre dans la rue vers le 5ème jour, dans 10 plus grosses villes de France, en soutenant le mouvement parce que « ça suffit, c’est plus possible tout ça, y’en a marre » (ou tout autre slogan de votre initiative du moment que ça tient dans un Tweet. N’oubliez pas les mégaphones). Si des politiques essaient de se placer en tête de cortège avec des banderoles, on les ficèle et on les pose sur un char de la gay pride en queue de cortège avec du Kendji Girac dans les oreilles.

On ne tue personne ! C’est bien compris ? Bon. Je continue.

À Paris on gueule très fort et on squatte les rues stratégiques : Champs-Elysées, Saint-Germain, La Tour Maubeuge, Hoche, Foch, Mozart, Kléber, Opéra, Batignolles. Laissez tomber Nation, Bastille et République, ils s’en foutent, ce n’est pas là qu’ils habitent ! On bloque, on squatte, on fait des méchouis géants et on s’installe dans un énorme mouvement de contestation sans précédent. Le gouvernement est pris de toutes parts, PERSONNE ne lâchera ! On se relaie, on tourne, on se soutient les uns les autres. Et on ne bougera pas tant que…

BREAKING NEWS. ALERTE RÉVOLUTION.

larcher_gerard86034e« Il est 18h20 vous êtes en direct de BFMtv, nous suivons bien sûr toute la journée les événements du BG, le Blocus Général, avec nos envoyés spéciaux qui sont mobilisés dans les 10 villes paralysées depuis maintenant 13 jours. Je vous rappelle que cet après-midi François Hollande et le Gouvernement dans son ensemble ont démissionné. Et nous vous l’annonçons ce soir en exclusivité sur BFMtv, à 18h21, c’est donc Gérard Larcher, le Président du Sénat, qui assure l’Intérim en attendant que les différentes organisations du B.G. s’organisent. Parmi les revendications entendues lors du dernier grand méchoui républicain, les principales sont de dissoudre l’Assemblée et de modifier la Constitution. La difficulté de telles revendications est que, selon cette constitution elle-même, le Président du Sénat n’a pas le pouvoir, ni de dissoudre l’Assemblée, ni de modifier la Constitution. Il faudrait donc que le Président du Sénat décide de… Attendez je regarde mes fiches car, nous sommes en direct sur BFMtv je vous le rappelle, jamais on a vécu une situation pareille, n’est-ce pas Christophe Barbier ? »

barbier« En effet Michel, jamais, jamais depuis que la 5ème République a été mise en place nous n’avions rencontré une telle situation. Un Président démissionnaire, un gouvernement démissionnaire, un Président du Sénat dont les pouvoirs sont inadaptés à une réforme de fond. La seule solution pour sortir la France de ce dramatique blocus, serait la tenue de nouvelles élections. Élections qui permettraient alors un changement profond de la constitution, sans doute l’instauration d’une VIème République, et un retour au calme. Le problème Michel, et c’est là tout l’enjeu, c’est que le Blocus Général qui est né dans la protestation n’a pas encore accouché d’un leader naturel évident. On le voit bien, les organisations en place commencent déjà à montrer des désaccords profonds quant à la suite à donner au mouvement. Je prends l’exemple du Blocus de Nantes où des agriculteurs et des routiers se sont affrontés violemment ce matin, on nous parle même de blessés graves… La question que l’on doit se poser maintenant est la suivante : une révolution, d’accord, mais pour quoi faire ? Sans doute aurait-il fallu y penser avant…. »

Merci Christophe Barbier. Je vous le rappelle si vous venez de prendre l’antenne, le Blocus Général s’intensifie tandis que tout le gouvernement a démissionné et c’est Gérard Larcher qui est désormais à la tête du pays. Restez avec nous, on se retrouve après quelques messages publicitaires, la météo et le journal des sports.

Arnaque, vrais amis, faux amis, police et démerdenzizich !

Par Vinvin

Hier en plein milieu de l’après midi je reçois un message privé Facebook d’un contact que je ne connais pas directement, une jeune femme à l’allure charmante avec qui j’ai 5 amis en commun. Ça commence par un « coucou bonjour ». En vieux routier, je me doute bien que c’est de l’arnaque… Personne de mes amis ne commence une conversation en t’chat par « coucou bonjour ». En général je ne réponds pas et je pulvérise le contact, mais là je suis d’humeur badine…

ELLE : Coucou Bonjour

MOI : Bonjour

ELLE : tu peux te rendre chez un buraliste ou dans un kiosque à journaux et prendre aux minimums 3 coupons de rechargement PCS MASTERCARD de 250 euros chacun

MOI : Bien sûr. Et après je fais quoi ?

ELLE : Tu m’envoies les codes des coupons et si possible un scan par mail. J’attends de tes nouvelles.

MOI : OK ça roule.

ELLE : Ok je peut compter sur toi Cyrille?

MOI : Bien sûr !

ELLE : Ok a quel heure le féras tu les 3 coupons de rechargement PCS MASTERCARD de 250 euros chacun

MOI : Donne moi une heure !

ELLE : Ok pas de souci donc je compte sur toi.

MOI : Tu me connais, est-ce que je t’ai déjà laissée tomber ?

ELLE : Ok donc une fois tu as achétés les code coupons Tu m’envoies les codes des coupons et si possible.

(PAUSE) À ce stade de l’histoire, qui m’amuse, j’essaie de voir comment contacter cette jeune femme de mes amis d’amis qui s’est fait pirater son compte. J’envoie à mon ami Jean-Marc Manach (mon camarade de jeu du Vinvinteur, spécialiste du hacking, qui se trouve être dans les 5 amis communs) un SMS mais il ne me répond pas, sans doute en vacances. Les 4 autres m’ont l’air loin et déconnectés. Pris dans l’histoire, je demande de l’aide sur Twitter…

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Je me dis que ce serait assez simple. Je donne au truand des codes « marqués », comme quand les billets sont marqués dans les films ! Et hop ils le chopent quand il s’en sert, admettez que c’est malin. Mais oui c’est malin ! J’hésite cependant sur la marche à suivre, et je le dis.

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Je décide d’appeler Mastercard. Alors là le type n’en a rien, mais vraiment rien à faire, c’est impressionnant. Il me dit de porter plainte. Je lui dis que je n’ai pas que ça à faire, je suis déjà sur le dossier Morano ! Haha, non, je ne lui dis pas cela, je raccroche un peu déconfit… Et je le dis publiquement.

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OK, donc, n’ayant pas de nouvelle de @Manach, et Mastercard étant détaché du problème, je contacte la BEFTI (Brigade d’Enquête sur les Fraudes aux Technologies de l’Information) sur le conseil du Twittos @BertrandVillien. Le gars de la BEFTI est très sympa mais me dit qu’il n’y a rien à faire. Que c’est sûrement hors de notre juridiction, sous-entendu plus au sud, et qu’il n’est pas simple d’agir et qu’il en est désolé. Je lui parle de mon plan génial des codes trafiqués, il me répond « on n’est pas dans un film… ». Je lui réponds que si j’avais suggéré d’envoyer le GIGN ou des drones nucléaires, effectivement ce serait too much, mais mon idée de code ne devrait pas être si compliquée… Il l’a admis gentiment mais m’a répondu qu’ils n’étaient pas équipés pour ce genre de piège… Au revoir monsieur. Notons au passage à quel point la lutte contre la fraude sur le net est une priorité…

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À ce stade de l’enquête, je contacte Facebook. Ils sont prêts à intervenir si je leur donne l’URL de mon amie d’ami… Je leur demande 3 minutes au cas où, pour clôturer l’affaire avec mon escroc. Je recontacte donc le gars qui, je le rappelle, s’appelle ELLE dans le dialogue. Pour paraître plus naturel, je lui fais croire que j’ai eu un souci. Pas un souci grave…

MOI : Je suis embêté y’a que des codes 150€ !!!

(Long moment sans me répondre. J’insiste)

MOI : Tu es partie ? Tu n’as plus besoin de sous ?

ELLE : j’ai ete piratée évidemment.. desolée

(PAUSE) Là, je me dis : oulalala le mec est plus fort que je pensais. Il me teste. Cela doit être dans la procédure d’arnaque : ils doivent toujours vérifier si le pigeon n’a pas pris le temps de se méfier… Donc je ne me démonte pas…

MOI : Ah mais non, moi j’ai les sous !

ELLE : on peut créer un lien leetchee si tu y tiens!

(Pause) Je vous avoue qu’à ce moment-là je commence à douter. La personne connaît le site Leetchi, mais l’orthographie comme un escroc. Et en plus, je me dis que c’est peut-être un moyen de récupérer les sous autrement, en créant une cagnotte. Je fais le candide…

MOI : c’est quoi ?

(Long silence : pas de réponse)

J’ai l’impression que je suis en train de perdre mon arnaqueur… Ou alors c’est vraiment elle qui est revenue mais qui me prend pour un arnaqueur ! Je le dis sur Twitter.

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Situation ubuesque ! D’un côté moi qui ne peut pas tomber le masque au cas où mon adversaire serait vraiment très très fort et est en train de me piéger ; de l’autre côté ELLE (ou LUI) est en train d’attendre ou de me prendre pour un fou/escroc/malade/pigeon de compétition. Si c’est elle qui a repris son compte en main, elle doit vraiment me prendre pour un débile profond prêt à donner ses sous à la première personne qui lui dit « coucou bonjour ». Si c’est lui, il doit commencer à sentir le coup fourré. Dans les deux cas je suis farci… Pendant ce temps-là sur Twitter, un contact m’envoie en message privé l’adresse d’un site qui permet de récupérer l’adresse IP d’une personne si elle clique sur un lien. Je vais essayer dès que je peux, je saurai au moins où est localisé l’arnaqueur et si les flics de la BEFTI avaient raison… Je relance.

MOI : Bon alors j’en fais quoi de ces codes ?

ELLE : ne fais rien surtout

Je commence à penser que c’est vraiment elle qui a récupéré la main sur son compte. Un débile d’escroc ne peut pas bluffer au point de me demander de ne surtout rien faire… Ou alors c’est du dixième degré à la George Clooney et il veut me soutirer des millions plus tard… Je tente autre chose.

MOI : Tu es sur twitter ?

ELLE : non pas sur twitter.. enfin j’y vas jamais

MOI : Qui est notre ami commun qui est spécialisé en hacking ?

Silence. Pas de réponse. En même temps je réalise que ma question est bidon car si nous allons sur la page de nos « amis communs », la seule « profil picture » un peu louche est celle de Manach, elle représente une caméra de surveillance… J’ai l’air malin avec ma question sur le hacking… Bon, je ne comprends plus rien et j’avoue que j’irais bien me prendre une bière, je n’ai pas que ça à faire non plus… Je tente quand même le coup du lien sur le site pour récupérer l’IP (je ne vous mets pas le lien car si vous cliquez je localise vos IP, ça ne se fait pas…).

MOI : Bon je vais devoir partir… Pour récupérer tes sous c’est là : Lien.

ELLE : mais j’ai ete piratée… ne fais rien

OK. La dame insiste. Je crois que c’est vraiment elle. Tout est rentré dans l’ordre. Je dis à mes contacts Facebook que c’est réglé, et j’annonce sur Twitter que c’est la fin. 

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Je trouve dommage à ce stade de se quitter sur une patte après tous les efforts entrepris pour faire tomber l’axe du mal, j’invite donc la dame à aller lire l’ensemble de l’aventure, pour la gloire…

MOI : va lire mon fil Twitter et tu vas rire. @Vinvin

ELLE : d’accord je vais lire..! mercii

Et puis, pour voir si le détecteur d’IP fonctionne, je clique dessus moi-même ; je sais, c’est un peu triste.
Effectivement je reçois un email avec mon adresse IP.

Je suis bien avancé. 

UPDATE (1) : Elle a cliqué sur le lien « piège » quand même, sans doute par curiosité.
UPDATE (2) : Nous avons correspondu par email par la suite et je lui ai demandé si elle était bien en Guadeloupe comme le lien piège m’en informait. Elle m’a dit que non, pas du tout.
UPDATE (3) : Quant à mon adresse IP elle m’indique que je suis à Annecy. Ce qui n’est pas le cas du tout.
UPDATE (4) : Elle ne connait pas Jean-Marc Manach qui est notre ami commun. Lui non plus.
UPDATE (5) : Mais elle connaît bien un autre de nos amis qui est, paraît-il, en vacances en Corse, ce qui n’a rien à voir.